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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Le réveil du Street Art marocain, passe par Rabat.

Publié le 21 Février 2016 par RBV

Le réveil du Street Art marocain, passe par Rabat.
Le réveil du Street Art marocain, passe par Rabat.

Morcelé, tenaillé entre sa pesanteur conservatrice, et la fièvre artistique et contestataire qui embrase les ruelles du royaume le street art au Maroc relève d’un élan, fragile et puissant même temps. L’intelligentsia marocaine l'a qualifié de "Nayda ", que l'on peut traduire par "réveil" ou "debout" en arabe.

Érigée en écho à la Movida des années 70 et 80, qui bouscula toutes les conventions politiques, sociales et religieuses de l'Espagne post-franquiste, sous le leitmotiv que les limites n'existent pas en art, la Nayda marocaine suscite de grands espoirs, mais est plombée par des interdits sociaux qui ont la dent dure. Alors que les griefs accumulés ont fait sauter la soupape artistique sur les murs dans d'autres pays du monde arabe, au Maroc; l'art urbain s’est longtemps distingué par une discrétion proche du mutisme. La Nayda marocaine, atypique, bigarrée, caractérielle, extravagante serait-elle donc, naissante ou
avortée ?

Cette culture urbaine est en fait en constante mutation. Si l'art urbain au Maroc n'est pas explicitement politique, il se révèle être un vecteur crédible et pertinent d'agitation politique. A travers l'expression artistique, plane le désir de (re)créer une identité artistique marocaine éthique, alternative et plurielle. L'art urbain est donc convoqué pour promouvoir la diversité, développer une médiation artistique vers l’altérité, décloisonner pour pacifie et permet la résolution du hiatus modernité/tradition qui tiraille le royaume chérifien;. S’adressant à une génération muselée et morcelée, il les encourage à investir des espaces d'expression riches et fertiles, où l'élite n'est plus nécessairement leader. Il s'érige en arme pacifique à l'encontre d'un ordre social et politique oppressif, excluant et liberticide. Et même si la Nayda n'a pas eu l'ampleur de la Movida, elle est bien porteuse d'un nouveau souffle.

Découlant de cette mouvance, la première édition du festival "Jidar, Toiles de rue" qui a eu lieu l'an dernier à Rabat a laissé de beaux atours sur son sillage. Ce festival, qui se voulait »une double célébration du street art et de l’espace public", a donné l'occasion à des artistes marocains et étrangers de transformer des murs de différents quartiers de Rabat en toiles de rue, entre fresques, graffitis et peintures murales. Cette exposition, organisée par l’'association EAC-L’Boulvart et la Fondation nationale des musées du 15 au 24 mai dernier à Rabat, capitale du Maroc, à la fois dans les rues de la ville ("outdoor") et au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain ("indoor"), visait à inscrire la capitale marocaine dans le circuit international du street art.

26 artistes venant d’Espagne, de France, d’Allemagne, de Chine, du Chili, de Suisse et des Etats-Unis, ont participé à la 1ère édition du festival. Parmi eux, la street-artiste toulousaine basée à Barcelone Vanessa Alice Bensimon aka Miss Van, le calligraphe urbain français installé à Casablanca Yann Chatelin, le Français fer de lance du street art à Vitry Christian Guémy alias C215, le Chilien Inti, le Toulousain Tilt, l’anglais Remi Rough, le peintre, plasticien et photographe français Thomas Canto, l’Américain Ron English, le Français Kan, le Suisse Adrian Falkner SMASH 137, l’américaine d’origine ukrainienne Maya Hayuk, DALeast le street-artiste chinois installé au Cap, la figure de la scène graffiti aixoise, membre du légendaire Crew 132 (Marseille-Paris) Dire 132, Andreas von Chrzanowski aka Case, street-artiste allemand membre du Maclaim crew, collectif fondé en 2000, ll’Espagnol Cisco, l’Argentin Franco Fasoli, l’Italien Pixel Pancho, et les marocains Mohamed El Bellaoui alias Rebel Spirit, Vincent Abadie Hafez dit ZEPHA, Simo Mouhim et Abdellatif Farhate (Kalamour).

En marge de l'évènement, se tenaient des conférences et des ateliers d'initiation au graffiti gratuits et accessibles à tous, programmés aussi dans les lycées de la capitale. Sans oublier des projections sur le thème du street art, notamment du cinéaste, photographe, musicien et peintre américain David Lynch. Par ici
la vidéo :

Les organisateurs ont l’intention de réitérer l’évènement. Nous en saurons plus sur les dates précises de la 2ème édition des 10 jours dévolus au street art en mai à Rabat, et le nom des artistes invités, en avril 2016.

Et pour aller plus loin, le documentaire Csanayda de Dominique Caubet, réalisé par Farida Benlyazid, documentaire sur la Nayda et l'émergence de la nouvelle scène musicale marocaine, sur Youtube en 6 parties :

Photo couverture et texte © RBV
Autres photos © Pinter
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Le réveil du Street Art marocain, passe par Rabat.
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