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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !

Publié le 11 Mai 2016 par DB-RBV

Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !
Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !
Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !
Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !
Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !
Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !
Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !

Poétique comme toujours, avec cette impression d’avoir vu passer comme une étoile filante le Petit Prince sur la Planète de Paul Eluard, Pozla a signé ‘’L’Univers’’, sur un mur de Bagnolet, rue de la Fraternité. Une signature reconnaissable entre mille que celle de cet artiste urbain, réalisateur et dessinateur de bande dessinée. Une signature en lui même, que ce mur recouvert de tuyaux, de nuages en forme de tuyaux, de fumées colorées en forme de tuyaux, autour d’une Terre bleue comme une orange, et envahi de ces tuyaux comme autant d’intestins. Oui, oui. Intestins. Pas des tuyaux, des intestins. Des kilomètres d'intestins. Les intestins de Pozla rongés par la douleur, dont il a tiré une BD pleine… d'humour et sans aucune préméditation. On dit que le dessin parle. Ici, il hurle en riant.


Tout est parti d'un carnet que, de son vrai nom Rémi Zaarour, Pozla tenait pendant ses hospitalisations. Il y dessinait des intestins sans même y penser, machinalement comme des gribouillis téléphoniques. Il les griffonnait en toutes circonstances. Comme une manière d’exorciser la maladie chronique qui le ronge. Atteint de la maladie de Crohn, une grave et chronique inflammation de l'intestin, qui peut atteindre tout le tube digestif de la bouche à l'anus, et éventuellement la peau, les articulations et les yeux. Pozla a fini par coucher cette expérience sur du papier pour s'en libérer. Drôle, direct, jamais larmoyant, et parfois très dur, ‘’Carnet de santé foireuse’’ est au delà du témoignage, une BD où l'humour et l'autodérision sont une façon d’éviter de sombrer.

Carnet de santé foireuse, publié chez Delcourt en 2015 a reçu le Prix spécial du jury du Festival d'Angoulême 2016.
Carnet de santé foireuse, publié chez Delcourt en 2015 a reçu le Prix spécial du jury du Festival d'Angoulême 2016.

Carnet de santé foireuse, publié chez Delcourt en 2015 a reçu le Prix spécial du jury du Festival d'Angoulême 2016.

L’enseignement de l’art pour vivre, la BD pour survivre, et le street art pour l’ivresse, se rejoignent chez Pozla qui a adopté pour leitmotiv cette citation de Georges Braque “L'Art est une blessure qui devient lumière”. Membre du collectif amiénois 3B, il "pose" ses tags empreints de sa touche BD dans les rues de sa ville natale.

Puis il intègre les GM, un collectif international de street art, composé d'artistes résidant aux quatre coins de l'Europe, que ce soit en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg, en Italie, aux
États-Unis ou en Suisse. Parmi eux des graphistes, des peintres, des illustrateurs, des animateurs, des designers, des photographes, des profs d’art comme Pozla et même un pharmacien. Le collectif GM, qui regroupe une quarantaine de membres, tous GentelMen et dont les initiales se déclinent à l'infini : Good Morning, Grasse Matinée, Grand Marnier créé peu avant l'an 2000 par des p'tits Gars de Marseille GM, issus du Graffiti Mouvement GM. Tiens, deux GM pour le prix d’un. Mais au-delà de l'humour, le collectif mélange les univers graphiques avec une passion communicative et un but commun, réunir au sein d'un même groupe le plus de personnes différentes pour que chacun puisse se compléter avec l'autre. C’est une sorte de laboratoire offrant des collaborations pour des projets variés (expositions, projets vidéos, sérigraphies, installations, livres...). Le GM c'est donc avant tout une Grande Marmite (encore ?), où chacun viendrait mettre son grain de sel, voire de poivre...

Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !

Toujours, en tant que membre actif du collectif GM, Pozla met depuis de nombreuses années ses talents de ‘’patouilleur’’ au service du dessin animé. Il a étudié le dessin d'animation à l'ESAAT de Roubaix puis à l'école de l'image des Gobelins à Paris. Son diplôme obtenu, il a participé aux films ‘’Persepolis’’, ‘’Un monstre à Paris’’, ‘’Ernest et Célestine’’ ou encore ‘’Le Chat du rabbin’’. Il coréalise également la deuxième saison de la série ‘’Lascars’’ et défriche de son trait énergique le générique du long métrage :

Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !

Motivé par son gagne-pain-passion, POZLA passe enfin le cap qui lui tient tant à cœur, en créant avec son compère Eldiablo, ‘’MONKEY BIZNESS’’, une série en bande dessinée à l’univers trash et loufoque, croisement jouissif entre la Planète des Singes et les films de gangsters de Guy Ritchie dont on attend le numéro 3 en septembre 2016. Ci-contre, couverture du numéro 1, ‘’Arnaque, banane et cacahuètes'' (2010).

En vidéo, et comme un appel du pied pour faire naître des envies de dessins animés à d'éventuels producteurs, ci-dessous, le trailer de la 2ème BD de la trilogie "Monkey Bizness", "Les cacahuètes sont cuites" (2013)

Résidant aujourd'hui dans le Val-d'Oise, Pomza continue de donner des cours à Waide Somme, le département de formation 3D de l’École Supérieure d’Art et de Design d’Amiens. Et là aussi, ce passionné y met ses tripes.

Pozla, et son univers de boyaux pour dada de bataille !

La terre est bleue comme une orange ? Ou comme une poubelle jaune ?

Par ici ‘’La terre est bleue comme une orange’’, 7ème poème du 1er chapitre "Premièrement" du recueil de Paul Eluard "L'amour la Poésie" (1929)

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard "L'amour la Poésie" (1929)

Texte et photos © RBV

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