Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !

Publié le 19 Mai 2016 par DB-RBV

Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !

Les 7 travaux d’Hercule font pâle figure à côté du pari de Next Street Gallery, Mark Hachem Gallerie et Modus Art Gallery, entre Paris New York et Beyrouth. Le chef d’entreprise Kifah Yehia, organisateur de l’évènement, le commissaire de l’exposition Olivier Pytel et le directeur artistique, Stan Mink ont invité des street artists du monde entier à transformer Beyrouth en un vaste musée en plein air.

Dans le cadre de "Beirut Urban Wall, BUW", une exposition collective a été mise en scène, présentant un large choix de pièces d'art de la rue, présentés p
ar plus de vingt artistes différents parmi lesquels #‎L7M‬ ‪#‎TARSILASCHUBERT‬ ‪#‎GRISONE‬ ‪#‎YAZANHALWANI #‎DAVIDBRAY‬ ‪#‎CART1‬ ‪#‎STINKFISH‬ ‪#‎BRUNOBIG‬ ‪#‎JIMMYC‬ ‪#‎SUN7‬ ‪#‎ANDREWMCATTEE‬ ‪#‎SNIK‬ ‪#‎REZINE‬ et les 6 Français #‎PIMAX‬ ‪#‎MOSKO‬ #‎C215‬ ‪#‎JACE ‪#‎NOTYAROZ‬ #‎KURAR . Leurs oeuvres sont exposés dans les locaux du centre-ville de la galerie et les artistes sont à pied d'oeuvre à proximité et dans les rues de la capitale libanaise.

Avant et après l'événement, deux tables rondes organisées à Mark Hachem Gallery, ont évoqué le thème du graffiti comme phénomène culturel interculturel qui fait partie de toute société. Acte de vandalisme, outil de propagande ou de contestation souvent lié à la guerre dans un pays sur une poudrière depuis 40 ans, ces tables rondes ont convenus que le street art peut revêtir d’autres formes en utilisant de nouvelles techniques et compétences associées à
la complexité croissante et des transformations de l'art Graffiti.

Bearut © Pimax

Street Art local
Street Art local
Street Art local

Street Art local

En connectant artistes libanais et internationaux, "BUW" veut proposer une nouvelle vision du street art dans un pays où les murs sont pris d’assaut par les inscriptions politiques, économiques, religieuses ou liés à la guerre. L'importance de l'art de la rue comme moyen d'expression drainant une dimension culturelle et idéologique importante, n'est pas incompatible avec une tournure artistique. Dans une ville où les terrains abandonnés, les chantiers, les ruines et les structures portant encore les cicatrices de la guerre avec fissures et trous de balles dans leurs murs, pullulent, les artistes restent la seule option pour coloriser le décor, en attendant que ces sites reviennent à la vie. Le projet BUW vise à générer une communication entre les citoyens et à enclencher un mouvement artistique plus marqué avec si possible une patte personnelle. Au Liban, seul un petit nombre d'artistes a développé une touche identitaire mélangeant le graffiti de style occidental avec la calligraphie arabe.

© Yazan Halwani #yazanhalawani

© Yazan Halwani #yazanhalawani

Parmi les artistes français invités, Jace originaire du Havre, peint à la bombe dans la rue depuis 1989. L’idée était à l’époque de s’affranchir de la joute familiale et d’affirmer sa personnalité. En 1992, il créé un facétieux personnage connu sous le nom Gouzou, qui apparaît dans toute l'île de la Réunion où il habite, souvent placé dans des situations drôles et farfelues, souvent en lien avec l'actualité locale. On trouve également trace du passage de ce petit personnage orange sans visage, quelquefois accompagné d'une vache, dans 30 pays différents à travers monde. Le Gouzou a acquit tellement de notoriété qu'il a été récemment été copié par une grande marque de vêtements chinoise pour promouvoir ses produits. Comme logo. Carrément. Mais le papa du Gouzou convoité a mis son sort entre les mains de la justice du pays le plus peuplé du monde. Les tribunaux chinois ont statué en faveur de Jace et son Gouzou. Et l’affaire est devenue un cas de jurisprudence pour les droits d'auteur en Chine.

Photos © Jace au Liban, sauf ditribution gratuite de Gouzous, à La Réunion.
Photos © Jace au Liban, sauf ditribution gratuite de Gouzous, à La Réunion.
Photos © Jace au Liban, sauf ditribution gratuite de Gouzous, à La Réunion.
Photos © Jace au Liban, sauf ditribution gratuite de Gouzous, à La Réunion.
Photos © Jace au Liban, sauf ditribution gratuite de Gouzous, à La Réunion.

Photos © Jace au Liban, sauf ditribution gratuite de Gouzous, à La Réunion.

Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !

Jace et ses Gouzous ont fait des ravages à Beyrouth tout autant qu'un certain loup de Pimax. Les inspirations de Pimax sont variées un max cela va sans dire. Andy Warhol, Marilyn Monroe, Banana Velvet Underground et Goldorak avec son doigt pointé, les murs sont un merveilleux écrin pour ces héros de la culture populaire. Au Liban, il était inspiré loup. Celui du chaperon rouge sans doute, rappelant la couleur principale du drapeau du pays. Pimax, via ses symboles, comme autant de poudre étoilée aux yeux, veut montrer les choses et les gens que la société essaie de se cacher. Les personnes âgées, les sans-abri, les fumeurs, les badauds, les enfants des rues, et les amoureux des bancs publics.

Lycée laïque français à Verdun, Beyrouth © Pimax
Lycée laïque français à Verdun, Beyrouth © Pimax
Lycée laïque français à Verdun, Beyrouth © Pimax
Lycée laïque français à Verdun, Beyrouth © Pimax
Lycée laïque français à Verdun, Beyrouth © Pimax

Lycée laïque français à Verdun, Beyrouth © Pimax

Pour Christian Guémy connu sous le C215, les amoureux et les enfants sont également un thème de prédilection. Anéanti par une rupture sentimentale, il se met à peindre des portraits de son ex-femme et de sa fille sur les murs de leurs quartiers pour leur faire comprendre qu’il pense sans cesse à elles. Il avait alors 32 ans. Petit à petit, ses pochoirs colorés si singuliers fleurissent dans les rues. Il devient l’un des artistes au pochoir les plus productifs, captant la lumière, la profondeur et l'humanité dans ses sujets. Malgré sa technique méticuleusement raffiné, qui donne un éclairage impressionniste à son sujet, son œuvre transcende le formel et semble aller au cœur des émotions. C215 voyage à travers le monde, laissant sur son passage des pochoirs contextuels dans les rues. Il peint sur des supports dévalués comme portes rouillées, murs cassés, éventrés, brûlés ou poubelles, des scènes de rue et des portraits de sans abris, mendiants, réfugiés, d’orphelins, tous les laissées pour compte de la société capitaliste. Chaque pochoir est pensé et créé en fonction du lieu, et découpé sur place ad hoc, de manière à se fondre dans son environnement et à interagir avec ses habitants.

Le cursus universitaire de celui qui a été historien pour les Compagnons du devoir, chargé d’études pour un syndicat du meuble ou responsable export auprès d’un industriel du textile, lui donne le recul nécessaire pour exercer son œuvre sans élitisme et sans égocentrisme. Et son cursus humain, son empathie pour la cause des moins chanceux, a certainement pesé dans le choix de l’Unicef et de l’association Beyond, qui l’ont enjoint à participer à Zahlé dans la Békaa, à l’une de leurs actions en faveur des réfugiés syriens dans le cadre de son voya
ge au Liban pour BAW.

Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !

On a recensé, dans cette longue plaine libanaise, à quelques kilomètres de la frontière syrienne, près de 270 camps dits "champignons". Certains d'entre eux comptent plus de 300 tentes. C'est la région du pays qui concentre la plus grosse masse de réfugiés au Liban, soit entre 200 et 300 000 personnes. Il y aurait au Liban, pays de 4 millions d'habitants, près de 700 000 réfugiés, dispersés dans ce territoire à peine plus grand que la Corse. Contrairement à la Jordanie ou la Turquie, le pays du cèdre n'a ni fermé ses frontières, ni installé de camps "légaux" rendant plus difficile le travail des ONG auprès des populations. Face à cette grande crise humanitaire, l'UNICEF et les associations non gouvernementales, déploient des efforts considérables ne négligeant pas l’aspect psychologique des enfants suivis dont près de 7 % sont considérés comme très traumatisés. L'éducation au sens large du terme fait partie de quatre domaines d'intervention de l'agence onusienne, avec la protection de l'enfant, l'eau et l'assainissement, et la santé. Selon les derniers chiffres (juin) du Haut commissariat aux réfugiés, 44 % des réfugiés enregistrés au Liban sont des enfants. Dans la Bekaa, 900 d’entre eux bénéficient d'activités divertissantes et psychosociales comme le théâtre, des jeux et depuis le voyage de C215 au Liban, le street art. Les enfants ont adoré. Les photos de C215 suivent la vidéo réalisée par Beyond Association et l’UNICEF :


https://www.facebook.com/c215stencils/
https://www.facebook.com/c215stencils/
https://www.facebook.com/c215stencils/
https://www.facebook.com/c215stencils/
https://www.facebook.com/c215stencils/

https://www.facebook.com/c215stencils/

Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !
Le street art prend son envol à Beyrouth avec BUW !

C’est dans le quartier menacé de la Moskowa, dans le nord du 18ème arrondissement de Paris que Gérard Laux a commencé à peindre des animaux de la savane qu’il signait ‘’Mosko’’. Puis l'aventure devient collective sous le nom de ‘’Mosko et associés’’ avec pour simple objectif, celui d’embellir les environs. Depuis, Gérard Laux a récupéré sa signature et continue de développer de nouvelles approche dans sa technique, tout en restant fidèle au thème des bêtes. À Beyrouth, logé à l’hôtel Riviera, sur la corniche face à la mer, Mosko narguait ses followers sur Facebook en commentant le mercure à 32 °.

© Mosko à Beyrouth mai 2015

© Mosko à Beyrouth mai 2015

KURAR est tombé dans le monde du graffiti dans la fin des années 90. Depuis 2006, il peint et approfondit ses connaissances sur le lettrage 3D, le volume et les couleurs et diversifie son travail grâce à l'utilisation de différentes techniques, graffiti, pochoirs et collages. KURAR aborde des sujets sensibles tels que la guerre, la religion, l'aliénation et la consommation de masse. Il utilise et représente l'enfance comme un thème récurrent, symbolisant intelligemment innocence en contraste avec ses représentations ironiques et provocateurs.

© Kurar

© Kurar

Montrouge © Noty & Aeoz

Montrouge © Noty & Aeoz

Continuellement en recherche de perfection et suivant un plan connu d'eux seuls, Noty & Aroz véhiculent leur message en collant leurs pochoirs sur les murs de Paris et de nombreuses villes européennes. Lucas et Sylvain, leur prénom dans la vie privée, se sont rencontrés à l'école primaire. Une passion commune pour le dessin dès le lycée, les amène plus tard à investir un corps de ferme abandonné pour exprimer leur créativité sur les murs durant des mois, y trouvant un support idéal pour leur frénésie artistique ! Leur série Mythologeny est un savant mélange de création graphique, diverses techniques et de réflexion sur notre société actuelle. Les artistes expriment le sentiment d'une jeunesse en perte de repères stables et de figures fortes, se fédérant autour des héros des comics américains. Noty & Aroz inscrivent ces figures, comme Batman, Iron man, la figure de Scream ou Star Wars, héros ou anti-héros, dans le contexte originel des croyances propres à chaque culture. Bouddhisme, culture égyptienne, mexicaine ou amérindienne. Apparaît alors un étonnant métissage où les personnages contemporains se chargent d'une histoire, d'un poids culturel pour expliquer leur importance dans notre temps présent.

Photo © Noty & Aroz

Photo © Noty & Aroz

Next Street Gallery 23, rue des Tournelles

Galerie Mark Hachem 28 Place des Vosges

Modus Art Gallery 23 Place des Vosges

Comme un cri du coeur, un carpe diem à la sauce libanaise "Boukra never comes" avec oubli du s. Demain ne vient jamais. Photo © Pimax

Comme un cri du coeur, un carpe diem à la sauce libanaise "Boukra never comes" avec oubli du s. Demain ne vient jamais. Photo © Pimax

Commenter cet article