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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.

Publié le 17 Avril 2016 par DB-RBV

Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.
Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.
Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.
Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.
Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.
Epi2mik, Virus A et oOo, derrière ces 3 pseudos, Thierry Olivier contamine l'espace urbain.

Pas moins de 3 pseudos pour un seul street artist ? Idéal pour brouiller les pites lorsqu’on évoque une pandémie. Tantôt Virus A, comme l’ont surnommés les habitants de sa ville de Caen, tantôt Epi2mik, en clin d’œil à Joël Hubaut et à son travail viral sur la ville de Caen et même oOo.

Street artist expérimental, derrière tous ces pseudos, Thierry Olivier. A sa sortie des beaux-arts, il a commencé à peindre sur des toiles de grands formats mais, rapidement contaminé par son virus, il propage dans la rue dès 2002, ses cellules virales incontrôlables qui prennent d’assaut quelques cités calvadosiennes, la digue d’Hermanville ou un immeuble entier à Mondeville.

Depuis, que ce soit en Normandie, du côté de Bordeaux ) Mulhouse ou à Paris, il diffuse sa "pandémie positive", invitant le passant à percevoir l’environnement d'un autre oeil. D'une gouttière laissée à l'abandon à un arbre, une tache, une mousse, un champignon, ici ou là, au pied d’un banc, ou suintant d’une lézarde, tous les supports sont bon pour inoculer ronds, bulles, ballons, ou cellules
, comme autant de "warnings citoyens".

Et suivant le type de support, ce rasta aux dreadlocks, exprime sa colère, sa joie, du noir à la couleur, considérant que son travail est urbain mais n’ayant pas grand chose a voir avec le graffiti. Il conçoit la ville comme un espace ‘’rhizomatique’’ et ‘’micropolitique’’ avec pour principales influences de pensées, deux ouvrages qui lui tiennent à coeur. ‘’Mille Plateaux’’ (Paris, Éditions de Minuit, 1980), second livre des deux volumes ayant pour sous-titre Capitalisme et schizophrénie issu de la collaboration entre le philosophe Gilles Deleuze et le philosophe et psychanalyste Félix Guattarin, dans lequel ils abordent leur conception originale du pluralisme et du rhizome dans lequel l'individu n'est pas conçu comme fondement de l'organisation sociale. Autre ouvrage qui a marqué l’artiste urbain caennais, ‘’Un Art contextuel’’, (Flammarion, 2002 ; rééd. coll. « Champs », 2004) de l’écrivain, historien, Paul Ardenne. En tant que témoin et analyste de la culture de son époque, cet historien de l’art et commissaire d’expositions, se situe dans une position d’inclusion agrégeant l’art en contexte réel (art d’intervention, d’implication sociale directe), les représentations extrêmes, l’architecture radicale, la photographie prospective ou ce qu’il appelle l’art ‘’entrepreneurial’’, sans exclure les esthétiques dites ‘’de la réconciliation’’ de soi, comme celles utilisées par les photographes du Havre Pierre et Gilles, qui, dans leurs œuvres, souvent qualifiées de kitsch, transgressent leurs codes familiaux et entament une totale rupture avec la tradition du ‘’bon goût classique’’, fortement influencés qu’ils sont par le pop art. Parmi les expositions les plus significatives proposées par Paul Ardenne, "WANI", contraction orale de "OANI" pour "Objets Artistiques Non Identifiés". Sont présentées dans cette exposition diverses œuvres dont la particularité est d'échapper à toute classification esthétique. Cette capacité de l’œuvre d'art à déjouer toute lecture, toute inscription sémantique signale, pour Paul Ardenne l'authentique force de l'art, sa capacité à se constituer comme un langage à part entière contre toutes les logiques du sens visant à le définir, à le contenir, à l'instrumentaliser, au bénéfice de la relativité intégrale. Voilà donc où on peut parvenir à décoder la démarche et le travail de Thierry Olivier alias Épi2mik. Pas étonnant donc, de le voir malgré ses arborescences dans la rue, infecter également de ses microbes colorés ou pas, un lieu d’exposition.

Depuis 2013, et lors de cinq expositions dont 2 en solo, des cellules souches nouvelles ont été aperçues dans un lieu clos parisien. Vaccinés ou non, les passionnés de street art, se sont précipités au Cabinet d’amateur, 12 rue de la Forge-Royale 75011 Paris pour voir son travail sur papier. Il réitère cette année au même endroit, avec ‘’ 21 dessins sous i
nfluences’’, du 12 au 20 mai 2016 :

La contamination de ces motifs organiques à répétition constante, fait des ravages. L’artiste rêve secrètement d’épidémiser des architectures de tourisme de masse. Par l’expansion de ses formes, Epi2mik s’est donné pour mission, de sensibiliser le plus grand nombre, aux gangrènes du sida, de la pauvreté, du chômage, de la montée des extrêmes, de la corruption et des dérives du capitalisme. Il revient régulièrement sur les lieux de ses interventions et au pinceau, continue, en ajoutant ses bulles, l'inexorable progression de cette gangrène qui envahit le monde. Ça n’est pas fini. Ça ne fait que commencer. Autant dire qu’il y a du boulot !

Par ici la vidéo :

Pour suivre Epi2mik sur Facebook, où il publie régulièrement les photos de ses travaux, dont nous avons extrait un choix pour illustrer cet article, c’est ici :

Photos © https://www.facebook.com/epi2mik-267763073261543/?pnref=story
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