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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Vicious's never dead !

Publié le 2 Février 2016 par DB-RBV

Vicious's never dead !
Vicious's never dead !
Vicious's never dead !
Vicious's never dead !
Vicious's never dead !

2 février 1979. Un jour à marquer d’une pierre noire dans l’histoire du mouvement punk. Le bassiste des Sex Pistols, Sid Viciouus, est retrouvé mort par overdose dans un hôtel de Greenwich village à New York. Il avait tout juste 21 ans.

Ça ressemble à une histoire courte. Une histoire de no future. Mais c’est tout de même une histoire sans fin. Celle résumée par le slogan ‘’Punk’s not dead’’. Celle surtout de Sid Vicious alias John Simon Richie ou John Beverly, comme l'appelait sa mère selon ses humeurs. Une histoire sans fin qui s’achève tragiquement le 2 février 1979, moins d’un an après la séparation des Sex Pistols dont Sid Vicious fut le bassiste éphémère. Ephémère comme la vie de cet adolescent tout juste pubère des quartiers déshérités de Shepherds Bush et Finsbury Park, au nord-ouest de Central London, dans l’Angleterre de la fin des années 60. Un royaume qui s’apprête à voter Thatcher et qui fait semblant d’être uni, dans lequel la crise et la contestation s’installent. Le mouvement punk en sera le canal musical d’expression, et Sid Vicious, l’
icône.

Vicious's never dead !
Vicious's never dead !
Vicious's never dead !

En décembre 1978, Sid fracasse une bouteille sur la figure de Todd Smith, le frère de Patti Smith et se retrouve à la prison de Rikers Island. Libéré sous caution de 50.000 $, deux mois plus tard, le 2 février 1979, il attendait son procès pour l'assassinat de son ancienne petite amie, Nancy Spungen, le 12 octobre 1978, 10 mois après l'implosion des Sex Pistols.

Ce soir-là, à onze heures moins dix, le standard du Chelsea Hotel de New York fait venir les forces de l'ordre après un appel à l'aide d'une de ses chambres. La police de Manhattan y découvre le corps ensanglanté de
Nancy , retrouvée morte poignardée dans la baignoire du couple à New York,suite à une entaille à l’abdomen, avec à ses côtés un Sid Vicious totalement prostré. Sid est immédiatement emprisonné, mais son manager Malcolm McLaren fait appel à l'un des meilleurs avocats du pays et l'enquête conclut officiellement à une histoire de règlement de comptes entre dealers.

Quelques jours après la mort de Nancy Spungen, Sid Vicious donne une interview à Bernard Clarke que voici :

Une mère toxicomane, un père absent, grenadier à Buckingham Palace, le décor est planté. John, alias Sid, est né à Lewisham à Londres le 10 mai 1957 et agrandit dans les faubourgs de l'East End. Ses parents, John Ritchie et Ann Randall, se séparent juste après sa naissance et sa mère s'occupe seule de son fils. Elle quitte Londres pour se réfugier à Ibiza chez des amis, où elle gagne tant bien que mal sa vie en vendant du cannabis. De retour à Londres en 1965 alors que John a huit ans, elle abandonne son fils à la rue.

Adolescent, après une enfance nomade, le caractère de John Ritchie se révèle violent et imprévisible. Il écoute David Bowie et T. Rex avant de devenir fan des Ramones. Il fréquente également un gang, The Johns, dont John Lydon fait aussi partie. C'est à cette époque qu’ils emménagent ensemble dans un taudis. John Lydon le surnomme Sid, du nom de son hamster. Le mot Vicious (le Vicieux), venant d'une chanson de Lou Reed, est utilisé de manière ironique, en contradiction avec le caractère calme et posé de Sid. John Lydon, en référence à l'état de ses dents, est lui devenu Jen 1976, Johnny Rotten (Johnny le Pourri), le chanteur des Sex Pistols. Le groupe composé de Steve Jones, Paul Cook et Glen Matlock. Sid rejoint alors le Bromley Contingent, groupe de followers qui suivent les Sex Pistols dans tous leurs déplacements. Au sein du Bromley Contingent, la réputation sulfureuse de Sid Vicious prend une certaine ascendance.

Ainsi, lors d'un concert des Sex Pistols en juin 1976 au 100 Club de Londres, Sid, avec l'aide d'un de ses acolytes, frappe violemment le journaliste Nick Kent à coups de
chaîne de vélo.

On attribue également à Sid l'invention du pogo, cette ‘’danse’’ adoptée depuis par le public dans les concerts de rock. La légende raconte que Sid Vicious se mit à sauter lors d'un concert des Sex Pistols le 5 décembre 1975 car il ne voyait pas la scène… Il fut alors imité par le reste du Bromley Contingent. Le pogo ét
ait né.

Lorsque les Sex Pistols se séparent de leur bassiste Glen Matlock qu'ils trouvent trop mielleux (il écoutait paraît-il trop les Beatles), Rotten pense alors à Sid pour le remplacer. Ce dernier avait précédemment joué de la batterie avec le groupe Siouxsie and the Banshees lors de leur tout premier concert à Londres, en septembre
1976.

Il commence sa carrière en 1976, avec les "The Flowers of Romance". Il apparaît également aux côtés des "Siouxsies with the Banshees" à la batterie. Il n'avait jamais touché une basse de sa vie. Peu importe, il apprendra à en jouer à force d'être sur scène à partir de mars 1977 Mais le talent musical de Sid Vicious était rudimentaire, et la plupart des parties de basse auraient été ajoutées par le guitariste Steve Jones en studio. Sid Vicious passait plus de temps à discuter avec son public que jouer de son instrument. Le manager du groupe Malcolm McLaren a affirmé que "si Johnny Rotten est la voix du punk, Sid Vicious en est l'attitude."

À la suite de ce changement, l'image chaotique et dépravée de Sid profite effectivement au groupe qui se trouve un public fédéré sous la bannière du punk. Sid Vicious fait de la provocation une règle de base comme l'illustre son célèbre T-shirt décoré d'une croix gammée, ce qui fait les choux gras de la presse qui le cite systématiquement dans tous les articles sur le punk et... sur la drogue.

Très jeune déjà, Sid Vicious expérimente plusieurs drogues. Il est parfois même fourni par sa mère, qui vendait du cannabis à Ibiza pendant son enfance. Avec Nancy Spungen, sa petite-amie, Sid découvre les multiples usages de l’héroïne. Il devient alors complètement addict, se droguant même avant ou pendant les concerts. Et c'est une overdose d’héroïne qui l'a emporté, alors qu’il s’apprêtait à être jugé pour le meurtre de sa petite-amie, relâché dix jours plus tard contre le paiement d'une caution de 50 000 dollars, réglée par Malcolm
McLaren.

Dans la chanson Knockin' On Herrmann's Door extraite du film Cha Cha, Nina Hagen relate l'histoire de Sid et Nancy et leur rapport à la
drogue :

Vicious's never dead !

Nina Hagen évoque aussi Sid Vicious dans Super freak family sur l'album Nina Hagen de 1989 :


Le 2 février 1979, une fête en cet honneur est organisée au 63 Bank Steet à New York, dans l'appartement de Michele Robinson, sa nouvelle petite amie, au cours de laquelle Sid Vicious s'injecte une dose d'héroïne apportée par sa mère pour éviter qu'il ne cherche à s'en procurer lui-même. À minuit, Sid fait un malaise, mais reprend connaissance et continue de faire la fête. Sa deuxième injection, un peu plus tard dans la nuit, a eu lieu vers trois heures du matin, et Sid et Michele Robinson sont allés se coucher ensemble. Vicious est découvert mort tard le lendemain matin.


Le corps de Sid Vicious est incinéré et, officiellement, ses cendres sont dispersées sur la tombe de Nancy Spüngen. Mais, selon le Guardian, les cendres auraient été envoyées à Londres et auraient été éparpillées accidentellement dans l'aéroport d'Heathrow. Malcolm McLaren, prétend pour sa part avoir lui-même remis les cendres à la mère de Sid Vicious. Cette dernière, éméchée, les aurait alors fait tomber sur le sol du bar dans lequel ils s'étaient retrouvés. Les cendres auraient donc fini emportées par une serpillière et un seau d'eau :

Celui qui deviendra l’incarnation du junkie masochiste, se révèle violent, imprévisible, aphasique et taciturne, provocateur, destructeur et autodestructeur. Parce que ‘’’No future for me, no future for you’’ comme dit la chanson et comme le scande toute une génération qui n’a rien à perdre, même pas la vie, près de trente ans après sa disparition, l’égérie du mouvement punk fait encore couler beaucoup d’encre et déchaîne les passions : l’adoration ou la haine.

Il aurait dit : « Never mind the bollocks ». Et oui, never mind ! Car Vicious, c’est à la fois la fin d’une histoire, celle du punk, et le début d’une autre, celle des années 80. La fin de la création pour certains, le début de l’uniformisation et du formatage pour d’autres. En deux ans à peine, il aura vécu toute sa vie et puis il est mort… enfin presque ! Pour beaucoup, ilest toujours vivant.

Ici Sid et Lemmy.                      Photos © Pinterest

Ici Sid et Lemmy. Photos © Pinterest

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