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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.

Publié le 4 Décembre 2015 par DB-RBV

Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.

Pas potelés pour un rond, plutôt anorexiques, ces poteaux sombres métalliques d’environ un mètre de hauteur, répondent pourtant au doux nom de "potelets". Le piéton lambda, ignorant les circonlocutions administratives, les appelle "bites". Et ces ‘’bites’’ se reproduisent comme des lapins. Pas moins de 354 642 d’entre elles, sont disposées à Paris. À Bordeaux en Gironde, il n’y avait pas plus de 500 mobiliers de ce type au début des années 2000. 15 ans plus tard, on en compte désormais près de 50 000. À Marseille on parle de 100 mille potelets. Quel qu'en soit le nombre réel, les potelets ont envahi toutes les villes de France et de Navarre et se postent même devant la mairie-école du plus petit village.

Apparus il y a quelques décennies, les localités n'hésitent pas à investir une fortune pour planter ces piquets métalliques pour lutter contre les assauts des automobilistes en quête de place. C’est une réponse physique au stationnement sauvage qui aimerait prendre ses aises sur le trottoir ou tout autre espace piétonnier. Les potelets servent à "protéger le stationnement", selon l’expression en vigueur.

Moches, énervants quand on cherche à se garer, mais ce n’est pas le plus grave. Les potelets entravent aussi la marche. Le trottoir est amputé sur toute sa longueur d’un espace d’une vingtaine de centimètres, nécessaire à la disposition de ces pièces métalliques. Par ailleurs, protégées par les potelets qui agissent exactement comme des glissières de sécurité, les voitures déboulent à bonne vitesse. La situati
on est d’autant plus absurde que ces poteaux sont justement disposés dans des rues plutôt étroites et réservées à la circulation locale.

Le message est on ne peut plus clair. Les automobilistes peuvent foncer, sans crainte de heurter les piétons, puisque ces derniers demeurent confinés dans leur espace bien à eux. On aboutit dans certaines villes à l’aberration suivante : 80% de l’espace est réservé à 20% des usagers, ceux qui circulent en voiture, tandis que les 80% restants, à pied, se contentent de 20% de la voirie. Les potelets, reliquats de l’époque où l’on aménageait l’espace urbain en fonction de la seule voiture, dessinent, en fait, des couloirs de vitesse.

Autre chose encore. Ces bâtons de métal, disposés à distance régulière, ont une sacro-sainte horreur du vide. Sur la bande de trottoir la plus proche de la rue, de facto impraticable pour le piéton, on range des poubelles, on gare des scooters, des vélos, des trottinettes et on entortille les laisses des chiens. Et ainsi, traverser la rue, à pied, relève du jeu de piste périlleux. Avec tous ces obstacles, impossible de voir les voitures arriver. Mais, envahissants, les potelets font partie, qu'on le veuille ou pas, de l'univers urbain.

À Paris, un recensement récent annonce 354 642 potelets. Ill y a donc quatre fois plus de potelets que de pigeons. Rien qu'entre 2001 et 2008, ce n'est pas moins de 270 000 qui ont été installés. Parmi eux, 185 000 potelets nouveaux et 85 000 remplacés, parce qu'ils étaient abîmés ou sans boule blanche pour les non-voyants. Et cette petite armée en acier coûte une fortune. La mise en place des nouveaux potelets a coûté 15 M€ à la mairie de Paris depuis 2001. Fabriqués par Seri, une entreprise située à Châtellerault dans la Vienne, les pylônes coûtent entre 24 € et 38 € pièce, selon les modèles. Ce qui en fait l'un des éléments de mobilier urbain les moins chers à l'unité, une plaque de rue par exemple, coûtant 50 €. Mais au coût de fabrication du potelet, il faut ajouter 30 € en moyenne pour la pose. La société Emrodis, elle, vend à d’autres communes ses plots, de 30 euros pour les plus petits sans pommeau, à 300 eur
os pour les poteaux "à mémoire de forme" ou au design particulier :

L'installation de potelets dans les rues de Paris s'est développée depuis le début des années 1990 et s'est accélérée à l'élection de Bertrand Delanoë, accompagnant la mise en place des nouveaux modes de circulation. Tandis que le nombre de places de stationnement n'a cessé de diminuer, la Ville continue d'installer ses potelets. Et la tendance va continuer. Pour l'instant, les potelets restent les seuls remparts à l'incivilité légendaire des Parisiens.

Si les automobilistes férus de créneau sur les bordures, n’en peuvent plus des prunes et des limitations de la place de la voiture individuelle en ville, les piétons, eux aussi, en ont assez de cette armée sans âme et sinistre. Une association a décidé de trouver une solution, avant que le dernier mètre carré de trottoir disponible ne soit recouvert d’un potelet. Menée par sa présidente Paule Kingueur, Paris Label, embarquant avec elle dans le projet "la Mairie du 2e et la Coopérative 2r2c, a proposé il y a quelques années de transformer cette armée lugubre en une joyeuse tribu échevelée et fleurie via les Potogreen.

Le Potogreen est un poteau anti-stationnement, paré de quatre petits contenants plantés de fleurs sauvages ou cultivées, de légumes, de plantes aromatiques, mais aussi d’arbustes. Les petits pots de récupération, faits avec des boites de lait recyclées sont maintenus dans un petit sac en toile de tente, recyclée aussi.

C’est l’atelier Emmaüs-la Friperie Solidaire qui s’est attaquée à la fabrication textile des poches Potogreen, à partir de toiles de tente récupérées, dans lesquelles on a inséré les graines bio de la Ferme Sainte Marthe. Le potelet mo
che devient ainsi un mini jardin urbain suspendu, pris en charge par une personne qui l’adopte et s’engage à le soigner.

Photos Potogreen © Alain Delavie - Phacélie, bleuet et matricaire sur un Potogreen, rue de Choiseul près du Métro Quatre-Septembre, Paris 2e (75) - Oeillets d'Inde et kalanchoé, Potogreen dans la rue de Hanovre en été, Paris 2e (75) - 30 juillet 2011.
Photos Potogreen © Alain Delavie - Phacélie, bleuet et matricaire sur un Potogreen, rue de Choiseul près du Métro Quatre-Septembre, Paris 2e (75) - Oeillets d'Inde et kalanchoé, Potogreen dans la rue de Hanovre en été, Paris 2e (75) - 30 juillet 2011.

Photos Potogreen © Alain Delavie - Phacélie, bleuet et matricaire sur un Potogreen, rue de Choiseul près du Métro Quatre-Septembre, Paris 2e (75) - Oeillets d'Inde et kalanchoé, Potogreen dans la rue de Hanovre en été, Paris 2e (75) - 30 juillet 2011.

L’opération s’est déroulée début de l’été 2011. Tout le monde y avait participé. Les riverains, les associations de commerçants, les jardins partagés. En septembre de la même année il ne restait plus rien de cette insurrection végétale. Les jardiniers en herbe, et pas seulement, se sont réappropriés et ont décoré ce mobilier urbain.

Depuis 20 ans, l’illustrateur et street-artist David Zinn dessine avec ses craies, les petites bestioles qui habitent son imagination en les enroulant autour des potelets qu’il peint. Ses dessins anamorphiques donnant une illusion 3D, sont à découvrir au fil des rues de Ann Arbor, Washington ou Kokomo aux États-Unis. Depuis 2007, un français s’y est mis aussi à cette poésie à envelopper les potelets.

© David Zinn (USA)
© David Zinn (USA)

© David Zinn (USA)

Précurseur en la matière, Le CyKlop investit depuis 8 ans déjà l’espace public, détourne les potelets métalliques qui peuplent les zones urbaines et colore la ville. Ce directeur artistique dans la communication l’édition et la presse culturelle, graphiste plasticien indépendant depuis 1999, s’inspire de l’art populaire et de l’Art africain, en empruntant des personnages au monde des jouets, à la BD ou au règne animal. Et ses CyKlop envahissent la ville, en scrutant les humains de leur gros œil unique.

Le Cyklop œuvre partout, amenant dans son sillage ses couleurs et sa magie ! Pour Montmartre, il a revisité l’histoire de l’art. Rue Piemontesi, les potelets sont repeints à la manière d’œuvres d’artistes peintres ayant vécu ou travaillé à Montmartre. Pablo Picasso avec "Les Demoiselles d’Avignon", Francis Picabia avec "L’oeil cacodylate", Amadeo Modigliani avec "Nu au coussin blanc" ou Paul Gauguin avec "Où vas-tu". Mais Le Cyklop anime aussi des ateliers dans des écoles, des centres sociaux, des centres de loisirs, notamment dans le 11e et le 13e arrondissement (Paris), à Aulnay-sous-Bois (93), à Vitry-sur-Seine (94) ou à Montreuil (93).

À ses débuts, Le Cyklop travaillait sans autorisations, mais vu toutes les complications que cela entraînait, garde à vue, procès, condamnations, il fait des incursions plus reposantes, dans les festivals, des événements organisés par les municipalités comme ici le festival de Street Art de Montreuil :

Le street artist a même eu les honneurs des galeries lors d’expositions. Dernière en date, «Eye love Cyklop», une exposition, sa première en solo, à voir jusqu’au mercredi 9 décembre 2015 et dont le vernissage a eu lieu hier, jeudi 3 décembre. À l'espace Myniom Art, dans le 15e arrondissement de Paris, sont proposées les photos de son travail urbain depuis 2007, mais aussi une foule de potelets anti stationnement arrachés à la rue et customisés en Toys comme Lego, Super Heros, animaux, personnages de BD...

L’artiste y revisite même l'histoire d’Ulysse et du Cyclope racontée dans L’Odyssée d’Homère, à travers des objets du quotidien devenus sculpt
ures, objet d’art ou jouet.

Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.

Comme le jeu de fléchette "Ulysse et Le CyKlop" mis à disposition des visiteurs qui, tout comme le héros de la mythologie grecque, tentent de crever l'œil du CyKlop avant de s’asseoir sur l'une des quatre chaises "Mat'Ku", les coussins signés de la ravissante épouse de l’artiste, elle-même styliste, éditée par l'atelier RBO en buvant un verre de vin Bio de la cuvée CyKlop éditée en série limitée... Tout un programme qui donne à voir la fantaisie de l’univers graphique et coloré de celui qui puise son art dans son bonheur à être jeune papa et jeune grand-père à 47 ans. Une exposition à ne pas rater par ceux qui ont su garder une âme d’enfant.

Espace Minyom Art
3 rue de l’Abbé Groult 75015 Paris
Métro Commerce ou Félix Faure
Du lundi au vendredi de 14h à 19h30, le mercredi de 14h à 18h et les samedi et dimanche de 11h à 19h.

Ci
-dessous toutes les photos du vernissage.

Photos Vernissage © RBV
3 décembre 2015

Photo Potogreen © Alain Delavie
30 juillet 20
11

Photo Zinn © David Zinn

Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.
Les potelets, une espèce en voie d’expansion et de CYKLOPétisation.

Dans la même lignée, OakOak cartonne aussi ! Doté d'un talent certain pour détourner les objets du quotidien de leur fonction initiale, OakOak fait lui aussi du monde extérieur son terrain de jeu.

Par ici un portrait et les photos de
ses œuvres dans le déroulant des commentaires :

Photos © OakOak
Photos © OakOak
Photos © OakOak
Photos © OakOak

Photos © OakOak

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