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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.

Publié le 28 Novembre 2015 par DB-RBV

Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.
Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.
Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.

Les peintures urbaines de César Ze Carrión, impressionnent par l'équilibre des émotions personnelles, la force intérieure et la conscience sociale qui en émanent. Cet artiste-plasticien de Madrid, se mélange les pinceaux entre la photographie, le dessin mais aussi de manière plus intimiste, l’écriture d’essais et de documents philosophiques.

Polyvalent, César Ze Carrión considère les différentes facettes de son travail, comme un ensemble où tout est connecté. Et il se veut un créateur dans la globalité du terme. Voilà pourquoi, ce touche-à-tout se sent obligé d’aller vite. Et voilà pourquoi, qu’elle soit synthétique ou plastique, il préfère plutôt utiliser la peinture au pistolet, la peinture étant projetée directement et le processus de séchage étant plus rapide que la peinture à l'huile et beaucoup plus immédiat. Il utilise tout ce qui est à portée de main, comme des craies, du cirage ou des marqueurs.

L’influence de la BD, des Manga, des Marcel, et Batman de son enfance est perceptible dans son œuvre. D'un point de vue artistique, les maîtres classiques, comme Velázquez, Goya, Vermeer laissent aussi comme des impressions sur son œuvre. Tout comme, pour les modernes, Andy Warhol ou Marcel Duchamp. Dans le même temps, il s’imprègne d’artistes Land-art sur le thème de la beauté ou de la légèreté de l'être. Mais ses sources d’inspiration sont diverses et plus larges encore. Il les puise sans relâche sur Internet et à la télévision. Il admire Google et l’idée de connaissance générale et celle de la connaissance globale de Wikipedia, qui lui semblent des entités virtuelles mais palpables ‘’semblable à Dieu’’. Ze Carrión argumente en faisant remarquer que ‘’presque toutes les informations obtenues aujourd'hui proviennent de ces sources’’, précisant que ses propres idées, venaient de ces sources.

Au niveau technique, là aussi, César Ze Carrión a bougé ses curseurs. Lui qui avait pris l'habitude de peindre comme les graffeurs, a reconsidéré son travail artistique et essayé de comprendre quels étaient ses objectifs réels.. Artistiquement, le résultat est remarquable. La patte de l’artiste est, depuis, reconnaissable entre toutes. Et philosophiquement César Ze Carrión se retrouve aussi. L’artiste madrilène ne comprend pas, par exemple, l’acharnement des réfractaires au street art. Ceux là même qui, appellent la police et intentent des procès. Ceux-là même, qui ne sont pas le moins du monde gênés par les publicités qui déferlent devant leurs yeux dans la rue, ni par le matraquage de petites annonces, flyers, et autres affiches. Pour César Ze Carrión, c’est un combat ! Quel qu’il soit, le tag est à respecter. C’est un moyen d'afficher son nom. Selon l’artiste militant, il est plus agréable en marchant dans la rue, de tomber sur son propre nom que sur une pub. Mais dans la rue où il s’adonnait à sa passion, la tension était telle que l’artiste excédé finit par jeter l’éponge et se tourna vers l’art vidéo et la peinture sur toile, tout en continuant à cogiter sur son travail de peinture de rue. Pour finalement reconnaître que c’est la discipline qui lui correspond le mieux au niveau communication et expression des idées.

Son support de prédilection reste donc le mur. Ze Carrión se sent plus à l’aise sur de grands formats. Les thèmes qui prévalent dans son travail actuellement, sont relatifs à des sentiments et des émotions contemporains. Sans vouloir faire de la critique sociale, son intention est de montrer la réalité. L’intention est donc descriptive. Ze Carrión montre ainsi, le contrôle par le pouvoir, les réseaux sociaux, la brutalité policière, la censure, la famine, l'avidité, l'anorexie, les maladies. Des sujets liés à sa propre expérience, à ses idées, et à sa façon de voir le monde. Si César a des envies de voyages, il a déjà fait ses armes, des pinceaux sur le murs de toutes les villes importantes de l'Europe continentale de l'Espagne à la Finlande, à l'exception de Prague en République Tchèque et Amsterdam aussi où il fut difficile d’opérer. L’artiste s’accommode du jeu du chat et de la souris avec la municipalité à Madrid. Le centre-ville drainant beaucoup de monde comme vitrine du street art, c’est dans son quartier de Carabanchel qu’il se plaît à peindre.

Ze Carrión, qui a peint cet automne à Paris aux côtés de Kashing et de Nojnoma, a l’ambition de faire passer un message aux personnes qui aiment l'art de la rue sans aimer le graffiti qu’ils assimilent à du vandalisme. Il les exhorte à comprendre que la plupart des street artist ont débuté par le tag. De là viennent
les origines du street art, même si il y a évolution dans le parcours des artistes.

Texte © RBV
Photo © DB / Paris 19ème / Octobre 2015 (début d'article)
Photo © Pinterest / Madrid (fin d'article)

Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.
Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.
Les peintures pulvérisées de Ze Carrión font du bruit.
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