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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.

Publié le 27 Novembre 2015 par DB-RBV

À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.

Le ventre dans les talons, nous cherchions une petite ‘’plaça’’ pour déjeuner tranquille. Barcelone est réputée regorger de restaurants avec menus de midi, jusqu'à l'heure de la siesta. On n’a pas vraiment mangé ce week-end là, occupés que nous étions à découvrir la ville. Au gré de nos balades, on picore. ‘’Jamon Iberico’’ par-ci, ‘’pa amb tomaquet’’, tranches de pain à la sauce tomate, par-là, en passant par les inoubliables ‘’patatas bravas’’. Le tout généralement bien arrosé. Entre le nécessaire approvisionnement au distributeur de monnaie et nos pérégrinations, titubant de fatigue héritage de nos soirées endiablées dans la capitale de la fiesta, nous sommes tombés sur "Le mur du baiser", plaza Isidre Nonell non loin de la plaza de la Catedral 2014. Une plaque indique, en catalan que ce mur faisait partie des festivités de la Catalogne, commémorant l’an dernier, en 2014, les 300 ans des événements du 11 septembre 1714, date à laquelle les troupes du Roi Felip V firent irruption dans la ville de Barcelone. Un tricentenaire, rien que ça !

Cette oeuvre murale a été réalisée à partir de photos des lecteurs de El Periodico. Son nom en catalan “El món neix en cada besada” peut se traduire par ‘’Le monde nait dans chaque baiser’’. De loin, on voit un couple s’embrasser, et en se rapprochant, on peut dénombrer pas moins de 6.000 images et portraits qui ont été nécessaires à la création de cette photomosaïque murale, signée Joan Fontcuberta. Les œuvres de ce photographe contemporain espagnol catalan sont exposées au MoMA de New York et au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Par
is, c’est dire !

L’artiste catalan a raflé plusieurs prix de photographie, dont le Prix national de la photographie (1998). Il a même été promu Chevalier des Arts et des Lettres en 1994 pour son œuvre photographique. Joan Fontcuberta a connu pendant sa jeunesse la dictature franquiste, et avec elle la censure et la falsification de l’information jusqu'à la mort de Franco en 1975. Son père dirigeait une agence de publicité. Le sujet le passionnait. Son diplôme en science de l'information à l’Université autonome de Barcelone en poche, il se sert, depuis, de l'humour pour dénoncer la manipulation cachée sous les images.

Et ça lui réussit. Dans ses oeuvres, le Catalan met en scène des images qui imitent en tous points les démarches scientifiques, les reportages journalistiques, les récits religieux, les discours des musées, sauf, que les savants, démontrent l'existence des sirènes, les religieux, apportent la preuve de l'existence des miracles, les historiens de l'art, évoquent des oeuvres qui n'existent pas. Joan Fontcubert, lui, se pose en temps que démystificateur de... la photographie.

L'artiste questionne dans son travail toutes les formes de prétendue vérité et sème dans ses œuvres des indices qui dénoncent la supercherie, en utilisant sa propre image et des déformations de son nom dans les personnages qu'il incarne et en incluant des détails invraisemblables, comme une tête de poulet au coeur de la plante (Herbarium), des éléphants volants (Fauna) ou en faisant apparaître le portrait de Che Guevara sur une tranche de jambon (Miracles and Co).

Après des études en sciences de l’information, Joan Fontcubert travaille dans le domaine de la publicité et du journalisme puis développe une activité plurielle. Enseignant, à l'université Pompeu Fabra de Barcelone et à l'université Harvard de Cambridge, critique, historien, artiste, commissaire d’exposition cette figure majeure de la photographie plasticienne contemporaine, a plus d’un pixel à son arc. En 1980, il a fondé la revue Photovision. Comme beaucoup de ses pairs, il questionne par la photographie mais aussi dans ses textes le réel. Joan Fontcubert a en effet publié de nombreux ouvrages. Il a même obtenu en 2011 le Prix national d'Essai pour un ou
vrage sur la photographie.

Par ici son site :

Un baiser fait moins de bruit qu'un canon mais l'écho en dure plus longtemps.

’El soroll d'un petó no és. tan ensordidor com el d'un canó,. però el seu ressò dura molt més.

El ruido de un beso no es tan ensordecedor como el de un cañón, pero su eco es mas duradero.

The sound of a kiss is not so loud as that of a cannon, but its echo lasts a great deal longer.

Olivier Wendell Holmes

À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.
À Barcelone, le monde nait dans chaque baiser.

Reportage DB-RBV

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