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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Invader, le Petit Poucet de la mosaïque.

Publié le 1 Septembre 2015 par DB-RBV in Street Art - Art urbain -

Photo 1 à 8 © RBV - Photos 9 à 11 © Invader
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Photo 1 à 8 © RBV - Photos 9 à 11 © Invader
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Photo 1 à 8 © RBV - Photos 9 à 11 © Invader
Photo 1 à 8 © RBV - Photos 9 à 11 © Invader

Photo 1 à 8 © RBV - Photos 9 à 11 © Invader

Depuis 1998, Invader sème, incognito, ses mosaïques dans les villes du monde entier. L ‘artiste français ne souhaite pas se faire démasquer, car la pose de ses figures, mi-vaisseaux, mi-visages, est effectuée le plus souvent sans accord formel préalable avec le propriétaire de l'espace concerné. C’est justement ce qui l’intéresse, afin de mener à bien, ce qu'il appelle ‘’l’invasion’’.

À l’origine, les aliens de cet artiste s’inspirent des personnages de Space Invaders, célèbre jeu vidéo édité par Taito en 1978, qui devint en 1980 un des premiers jeux à très grand succès sur la console Atari 2600. Du fait de la technologie élémentaire de l’époque, ils sont très pixellisés et donc, reproductibles en mosaïque. Chaque pixel est ainsi assigné à un carreau. Invader a prolongé, avec le Rubik's Cube, jouet créé par Ernő Rubik, cette démarche d'échantillonnage coloré, en reproduisant des motifs en utilisant seulement les six couleurs du fameux cube.

Photos © Invader
Photos © Invader

Photos © Invader

L’endroit le plus insolite jamais investi est pour l’artiste les lettres ‘’Hollywood ‘’ de la colline du même nom. La première mosaïque a été collée sur la lettre D le 31 décembre 1999. Au cours de ses différents voyages à Los Angeles l'artiste a ensuite envahi les autres lettres. L'emplacement lui est d’autant plus intéressant, qu’il est classé monument historique-culturel de Los Angeles (Los Angeles Historic-Cultural Monument) le 7 février 1973 par le conseil municipal de Los Angeles et qu’il est formellement interdit d’accès ; Et le panneau est encore en 2015, le plus grand panneau publicitaire du monde. Les lettres sont censées être protégées des tags, des destructions volontaires ou des touristes par un système d'alarme sophistiqué. Le site est surveillé nuit et jour par des dizaines de caméras et des détecteurs sensoriels.

Invader, le Petit Poucet de la mosaïque.

Colonisant l'espace public en samplant le jeu vidéo le plus iconique de sa génération, et depuis 2005, le casse-tête casse-tête géométrique à trois dimensions composé de 26 petits cubes, Invader est dans l'air du temps. Pop-art bien digéré ou street art au sommet ? Rien de tout ça. Pour lui, le street-art est un un peu fourre-tout. Il préfère parler d'interventionnisme. L’artiste déclare également ne pas être issu du mouvement graffiti car il l'a découvert seulement après avoir commencé sa démarche. Invader qu’il considère comme proche du pirate informatique. Une sorte de hacker qui propage illégalement un virus au cœur du système via un gigantesque réseau de Space Invaders. Monomaniaque qui s'assume, Invader se défend pourtant d'être hors jeu du milieu de l'art, qu'il fréquente.

Au fil du temps, il s’est diversifié. Si la mosaïque et les Space Invaders sont toujours respectivement son support et son thème de prédilection, des stickers et des personnages d'autres jeux vidéo comme ceux de la série Super Mario sont apparus dans les rues de Paris., mais aussi Pac-Man et mêm
e la Panthère Rose !

Mais, le rêve d'enfant, de cet artiste né en 1969, l'année où l'Homme a marché pour la première fois sur la lune, s’est réalisé, cette année. Invader est devenu le premier artiste à installer une œuvre à bord de la Station Spatiale Internationale. Déjà, en 2012, il s’était procuré un ballon météorologique sur Internet et avait envoyé la mosaïque Space-One dans la stratosphère à l'aide du ballon-sonde et filmé son ascension à l'aide d'une Go Pro. C’était le 20 août 2012. Le voyage a duré quelques heures. Le ballon s'est élevé à plus de 40 km du sol terrestre, ce qui lui avait déjà permis de ramener de belles images et donné l'envie d'aller plus loin :

Ce premier pas dans l'espace, est suivi par un autre. De manière plus officielle, une mosaïque est cette fois partie à bord du vaisseau spatial européen ATV-5 lancé en 2015 par la fusée Ariane 5. Une fois à bord de l'ISS, Space2 est devenue la mascotte des astronautes.

Photo © www.space-invaders.com

Photo © www.space-invaders.com

Revenons sur terre. Aucune des mosaïques d’Invader n’est posée au hasard. Les lieux sont choisis selon des critères qui peuvent être esthétiques, stratégiques ou conceptuels. L'artiste fait toujours un plan avant de procéder à l'invasion. Des copies sont disponibles et en vente sur son site officiel. La fréquentation est un de ses critères de choix d’emplacement. S’il n’hésite pas à apposer ses œuvres dans les recoins les plus cachés, l’artiste avoue avoir un penchant pour les sites où les gens affluent. Comme vers la Porte de la Villette à Paris, ville où il a le plus sévi.

Photos © RBV
Photos © RBV

Photos © RBV

Installée passage de la Main d'Or à Paris, non loin de Bastille, le tout premier Space Invader posé à Paris a été recouverte d'enduit. Mais, il est toujours là. Cette première mosaïque est une sorte de "fossile", comme l'explique Invader lui-même. Posée en 1996, deux ans avant le début officiel du projet "Space Invaders", elle est à la fois une "sentinelle", avec un côté précurseur, et en même temps, elle fait partie intégrante de la série, nommée PA_001 sur le registre qui répertorie tous les Space Invaders posés.

Photo © CC BY-SA - 2015 / Nelson Minar.

Photo © CC BY-SA - 2015 / Nelson Minar.

Dans un ouvrage paru en 2010, Invader évalue avoir posé entre 2 000 et 3 000 mosaïques avec un minimum de dix mosaïques dans 38 villes. Puis, en juin 2011, il reconnaît qu'au moins 77 villes auraient été touchées avec 2 692 Space Invaders, 19 cartes d'invasion éditées, 6 tours du monde effectués, 22 nuits passées au poste de police et plus de 1,5 million de carreaux de mosaïques cimentées, formant un vaste réseau à l'échelle planétaire. 82 villes sont envahies en décembre 2011, de Londres à Los Angeles, en passant par Tokyo, Katmandou, São Paulo, New York, Mombassa ou Bangkok.

Comme Banksy, Invader, (désigné comme le street artist français le plus influent par le site Artistik Rezo), voit ses oeuvres s'arracher de plus en plus cher et exposées dans les musées. Mais tous deux continuent à privilégier la rue comme terrain de jeu. Comme Banksy, Invader, agit toujours masqué. Et tous les deux (ou plus ? Peut-être un couple ou un collectif ?) s'inspirent régulièrement des codes de la culture pop pour leurs oeuvres. Dans le documentaire "Faites le mur" réalisé par Banksy sorti en 2010, on voit justement Invader, le visage pixélisé ou masqué, en pleine action, en train de c
oller une partie de ses célèbres mosaïques :

Mais, le vandalisme et le vol affectent lourdement l’artiste. La cote du street art, toujours en hausse, a fait se multiplier les convoitises. Invader accroche ses mosaïques de plus en plus haut et refuse de changer sa façon de travailler. Il se ruine en colles fortes dans l’espoir de décourager les voleurs et peaufine une pédagogie à l’intention des rapaces. Il faut dire que lors de ventes légales, les mosaïques de Space Invader accompagnées de certificats d'authenticité, atteignent des sommes astronomiques. Une mosaïque en céramique d'Invader, qui s'inspire de l'univers des jeux vidéos, est partie aux enchères chez Sotheby's à Hong Kong pour 220.000 euros, un record mondial de vente sous le marteau pour ce street artist français. La mosaïque représente Hong Kong Phooey, chien masqué adepte des arts martiaux et personnage d'un dessin animé américain des années 1970 :

Voici le message d’Invader publié en juin dernier sur son site, à l'attention de ceux qui veulent des oeuvres de rue pour leur salon :


« Deux ou trois choses à rappeler :

- Une oeuvre de rue perd tout intérêt hors de la rue. C'est d'ailleurs une atteinte aux droits d'auteur que de la retirer de son support/cadre originel, peut importe que l'oeuvre ait été installée avec autorisation...ou pas. Ceci valable pour toutes les oeuvres de rue.

- Mes mosaïques dans la rue ne sont pas signées, elles sont composées de carreaux installés les uns à côté des autres, achetés dans des magasins de bricolage ou de carrelage grand public. Elles sont donc très facilement reproductibles.

- Une mosaïque arrachée à la rue ne sera jamais accompagnée d'un certificat d'authenticité.

- En revanche, dans leur environnement elles ont une grande valeur affective pour la plupart des gens qui habitent à coté, qui les croisent tous les jours ou les découvrent au cours d'un voyage à l'autre bout du monde.

Les personnes à qui je m'adresse sont celles dont l'envie de posséder mes mosaïques de rue les pousse à ignorer ces trois vérités. Peut être que quelques précisions sur ce qu'elles achètent leur parlera d'avantage :

Mes réalisations qui peuvent durer des centaines d'années se cassent 9 fois sur 10 lorsqu'on essaie de les arracher de leur support.
Les personnes qui proposent des "pièces de rue", vendent donc 9 fois sur 10 des mosaïques recréées avec des carreaux qu'ils ont achetés pour quelques euros dans le premier magasin de carrelage venu.
Dans le meilleur des cas, ce sont des pièces "mixtes", composées de carreaux qu'ils ont racheté et de carreaux que j'avais acheté...dans le premier magasin de carrelage venu !
Pour vous faire croire le contraire, ils détruisent les mosaïques qui sont dans la rue (avec photos à l'appui) pour arriver à cette absurde et fausse démonstration : "vous voyez bien que c'est la vraie puisque la vraie n'est plus sur son mur ! ".

En conclusion, si vous achetez ces mosaïques non seulement vous contribuez égoïstement à la destruction d'un travail offert à tous, mais vous vous faites également avoir car vous payez cher des carreaux achetés et assemblés n'importe où par n'importe qui, comme vous auriez pu le faire vous même pour quelques euros. Hors de leur contexte (la rue), ces assemblages de mosaïque ne sont pas authentifiables et n'ont pas plus de valeur que les carreaux qui les composent.

Voici la liste des marques que j'utilise, ce qui vous permettra de reproduire mes mosaïques à l'identique sans détruire celles dans la rue : Opiocolor, émaux de briare, Grés céram, Simili, et Johnson pour les plus grands carreaux/

Merci de votre attention. »

http://www.space-invaders.com

Photos © www.space-invaders.com

Photos © www.space-invaders.com

Depuis quelques temps certaines mosaïques disparues ont réapparu que ce soit à Paris, Bastia, Londres, La Ciotat, Lyon, Bâle, Bilbao, Sand Diego ou Los Angeles comme LA_134 qui vient d'être réactivé par un anonyme.

Photo © Denis Meyer

Photo © Denis Meyer

-Ces incroyables réactivations encouragent Invader à vouloir faire participer ses followers. Prochaine étape qu’il se serait fixée, serait celle de répondre aux demandes de son public qui témoigne d'un activisme et d'une complicité incroyable et ne demande qu'à participer. Ils seraient une quarantaine de personnes prêtes à passer à l'offensive, comme une armée à l'échelle de la planète. On vous aura prévenus : les envahisseurs sont là...

Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.
Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.

Du Marais au canal de l'Ourq en passant par les Halles, le Petit Poucet de la mosaïque sème dans tout Paris ses petits carrelages de couleur.

Il est passé par ici, il repassera par là, les policiens se sont pris au jeu....
Il est passé par ici, il repassera par là, les policiens se sont pris au jeu....

Il est passé par ici, il repassera par là, les policiens se sont pris au jeu....

Invader, le Petit Poucet de la mosaïque.
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