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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

Little Nemo est devenu grand.

Publié le 15 Juin 2015 par DB-RBV

Little Nemo est devenu grand.

Son nom est Nemo. À ne pas confondre avec le street artist italien NemO’s, basé à Milan, qui réalise de gigantesques personnages grâce à un mélange de peinture et de collages. L’originalité de son travail réside dans des squelettes en peinture, que l’artiste recouvre ensuite de collages, comme une peau en papier journal qui s’effritera au fil du temps pour dévoiler les entrailles de ses créations, créant ainsi des oeuvres évolutives et vivantes.

Photos © http://www.whoisnemos.com/
À Brick Lane, Londres, «Avant et après», sur le passage du temps sur les gens. Ossements et corbeaux peints à l’acrylique et peaux constituées de papier journal recyclé "Il Sole 24 Ore"

Little Nemo est devenu grand.
Little Nemo est devenu grand.
Little Nemo est devenu grand.

C’est à coup de bombages, à l’aide de pochoirs que les fresques du Nemo Français, sans ‘s, faut-il le faire remarquer, transforment, elles, les murs défraîchis des quartiers Est parisiens, en oeuvres d'art. Les peintures éphémères de Nemo, dont certaines ont traversé les décennies, relient Belleville à la Seine-Saint-Denis, en passant par Ménilmontant et la rue des Couronnes.

Autodidacte, scientifique de formation, Nemo réalise ses premiers pochoirs au début des années 1980. Comme un clin d’œil à son fils, il reproduit sur le chemin que ce dernier emprunte pour aller à l’école, le héros de la bande dessinée de l’américain Winsor
McCay, Little Nemo.

Little Nemo est devenu grand.
Little Nemo est devenu grand.

Au milieu des années 1990, il introduit l’homme à l’imperméable noir, devenu depuis une figure familière du 20e puisque l’arrondissement est le terrain de prédilection de l’artiste.

Nemo n’hésite cependant pas à s’aventurer dans d’autres quartiers de Paname et même en banlieue comme sur ce mur fraichement réalisé à Romainville, à l’image de celui réalisé à deux pas de la Ferme Moultou, rue Emile Beaufils à Montreuil.

Photos © DB

Little Nemo est devenu grand.
Little Nemo est devenu grand.

Nemo a été jusqu’à s’expatrier quatre ans en Colombie (1996-2000) où il réalise de très nombreuses peintures murales à Bogota et à Medellin. Il intervient aussi sur les murs de Tokyo et de Lisbonne. Des compositions savantes et magistrales de Nemo se dégage, outre le rêve et la poésie des premiers pochoirs, un univers insolite chargé de mystère, proche de celui des surréalistes.

Une référence de taille occupe l'imaginaire de Nemo. Celle du moyen-métrage Le Ballon rouge d'Albert Lamorisse de 1956. Dans le Ménilmontant des années cinquante, le film met en scène l'histoire d'un enfant qui trouve un gros ballon rouge accroché à un réverbère. Commence alors une histoire d'amitié avec ce ballon qui se met à suivre le petit garçon dans les rues de Paris. Voici ce merveilleux film dans sa totalité :

En 2009, Nemo a participé à une exposition collective sur l’art urbain aux côtés des artistes Mesnager, Mosko et associés et du photographe Gérard Faure. Cette exposition présentée par la mairie du 20e au pavillon Carré de Baudouin au 121 rue de Ménilmontant, a rencontré un vif succès avec plus de 10 000 visiteurs à son actif. Elle a donné lieu à l’élaboration d’une grande fresque sur le mur pignon du pavillon, encore visible aujourd’hui.  Mais, poète de la rue avant tout, Nemo est finalement plutôt réfractaire aux expositions en galerie. Choisissant des murs abîmés, des portes condamnées ou des fenêtres murées, il offre au détour des rues, un peu de poésie aux passants de Belleville et de Ménilmontant.

Il s'associe parfois avec Jérôme Mesnager dont les personnages blancs répondent alors à son mystérieux homme noir.

Le bonhomme vit sa vie sur les murs de la ville, indifférent semble-t-il à l’agitation urbaine. Il traverse la ville en pirogue ou en bateau en papier, fait de l’équilibre sur un vélo, s’envole accroché à son ballon ou se repose dans un hamac tendu entre deux arbres.

 

Les habitants le remarquent et avec eux Daniel Pennac. Pendant des années l’auteur a suivi les pérégrinations du bonhomme et a fini par mener une enquête dont il dévoile les conclusions dans le livre NEMO paru en 2006 aux éditions Hoebeke.

Little Nemo est devenu grand.

Et par ici, pour les chasseurs de street art, la carte Google du Paris de Nemo :

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