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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

C215 menace de quitter Vitry !

Publié le 19 Juin 2015 par DB-RBV

C215 menace de quitter Vitry !

Vitry-sur-Seine, capitale du street-art français, est avant, le fief de l’artiste pochoiriste C215 qui y vit et y travaille.

Depuis 2009, C215 a entraîné dans son sillage une multitude d’artistes urbains, qui ont investi les murs, mais aussi les sols, les panneaux de signalisations et les boites aux lettres.

Mais l'artiste tape du poing et menace de quitter la ville qu’il a rendu célèbre. Il estime que la municipalité ne fait aucun effort pour entretenir la voirie et effacer les nombreuses dégradations subies au fil du temps.

Dans un communiqué "coup de gueule" sur les réseaux sociaux, l'artiste estime qu'elle ressemble de plus en plus à un dépotoir. Voici un extrait de sa
plaidoirie au vitriol :

Chers Vitriots, je comprends votre lassitude face à un environnement qui se dégrade sans cesse, et dont l'état global n'a plus rien à voir avec l'art, mais avec le vandalisme. Tout un chacun, sans aucune formation préalable saurait faire la part des choses entre art et vandalisme, mais la ville prétend le contraire. Je tente depuis deux ans au moins d'obtenir de la municipalité un entretien minimal, en vain, sans aucun résultat.

Et de rajouter :

Les arguments avancés par la ville pour justifier l'absence d'entretien des murs ne servent qu'à masquer une avarice certaine, tandis que l'équipe municipale n'hésite jamais à s'approprier les bénéfices des nombreuses interventions artistiques dans la ville dont ils ne sont pas instigateurs. La ville est sale, c'est ainsi, et j'en suis passablement dégoûté. Il ne s'agit pas de réprimer quoi que ce soit, mais de nettoyer. Quoi de plus basique ?

De son vrai nom Christian Guémy, l’artiste urbain débute le pochoir en 2005. Depuis, avec le Boulonnais Blek le Rat alias Xavier Prou, père du stencil graffiti tricolore et la poète d’art urbain Miss Tic, il est considéré comme l’un des pochoiristes les plus en vu de France. Il participe au MUR dès 2007 et réalise un mur peint de 25 mètres à Paris, métro Nationale, représentant un chat.

En 2013, il peint le visage de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, alors cible d'attaques. Il explique avoir voulu rendre hommage à la ministre de la Justice, "pour son courage et sa tolérance. Pour sa réforme pénale, pour la loi du "Mariage pour Tous", pour dire non au sexisme et au racisme".

L'artiste a également fait parler de lui avec une tribune publiée sur le site Rue89 où il s’étonne de l’absence de distinction des différentes pratiques composant les arts urbains et s'en prend à la transformation de la scène graffiti. "Alors que les artistes de la scène graffiti avançaient masqués, la nouvelle scène avance à visage découvert, cherche la popularité, la visibilité. Ceux du graffiti entendaient dévaloriser l’espace urbain, ceux du street art le valorisent et participent à la ”gentrification" des quartiers populaires", é
crit le peintre.

En 2014, C215 est sollicité pour créer 20 illustrations pour le jeu Far Cry 4 d'Ubisoft qui a remporté le prix du meilleur jeu de tir à la première personne, c’est à dire c'est-à-dire dans lequel le joueur voit l'action à travers les yeux du protagoniste, lors des Game Awards 2014.

Ses sujets de prédilection sont l'enfance, les laissés-pour-compte, les anonymes, les amoureux, mais aussi les animaux. Mais son modèle principal reste sa fille Nina, née en 2003. Son style va de la bichromie aux compositions les plus c
olorées.

Fervent admirateur du Caravage, peintre italien du XVIème siècle, C215 veut mettre de la poésie et de l'émotion au cœur des villes désincarnées. Ses visages d'anonymes aux traits expressifs témoignent de son besoin de retrouver une certaine humanité. Il rejoint dans le sillage de Caravage, le caractère naturaliste dont le réalisme brutal tranche avec la subjectivité des couleurs et de sa peinture ab
straite.

Par ici un reportage vidéo sur cet urbain à l’essence romantique, dont la performance qui reste liée à une forme de transgression et de provocation dans l’espace public, revêt un message universel :

Photo © RBV

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Vitry yo 24/08/2015 17:30

Sans formation, je distingue clairement les pochoirs édulcorés préparés à l'avance qui ont remplacé les tags pleins de vie et d'histoire de ma ville, puissent-ils vous dégoûter.
Dans un cas on a un pseudo artiste qui vend cher et veut déguiser la grisaille et la morosité banlieusarde pour se faire de la pub, et dans l'autre, une énergie débordante d'authenticité de "vandales" qui ont envie de crier leur existence dans un monde qui les a oublié... L'un encense nos élus quand les autres les conchient. Je ne sais pas quel est votre art cher Christian215, mais le mien je l'ai choisi.

gozer 22/06/2015 11:18

Il a qu'a partir, il se prend pour qui....