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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Publié le 27 Mai 2015 par DB-RBV

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Venus de différents horizons, ils ont eu carte blanche pour s'exprimer. Le résultat est impressionnant, à savourer avant démolition.


Après le squat La Jarry à Vincennes, les Bains Douches et la Tour 13, investis avant démolition par une tripotée de pros du street art, l'hôpital de Lagny-sur-Marne (Seine et Marne), est la dernière proposition de cette envergure à voir le jour. Les artistes plasticiens ont investi pas moins de 3.000 m2 en plein-air. Le site de l'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne s’est métamorphosé en un gigantesque musée à ciel ouvert dans lequel on peut assister au travail des artistes au travail avec à la clef, des fresques magistrales qui surgissent sous les yeux.

À la barre de ce projet, Nick Torgoff, alias l'artiste Myre, co-organisateur du projet pour Act'Art / La Manufacture 111 avec le soutien du Conseil général de
Seine-et-Marne.

Les artistes plasticiens ont disposé d’un impressionnant matériel de chantier avec notamment des nacelles hydrauliques qui leur ont permis de travailler jusqu'à 30 mètres au-dessus du sol. Un privilège rare. Comme la carte blanche absolue qui leur a été accordée.

Ils avaient en arrivant le matériel qu'ils avaient demandé avec un soutien logistique éventuel. Ils n'ont pas été rémunérés, c'est la norme, mais ont été défrayés et e
ntretenus.

Les artistes parmi les plus célèbres et les plus talentueux de la scène du Street Art ont répondu présent. Il y a Sego, ambassadeur des arts muraux au Mexique, l’anglais Remi Rough, Lx One ou bien encore Delta, pionnier du graffiti européen, Lx One d’AOC, 9ème Concept, Grems, Juan et bien d’autres encore.

Sur le site, impossible de louper les fresques géantes du Portugais Pantonio et du Chilien Inti. Le premier, dont l'œuvre haute de 25 mètres est visible depuis la rue, a imaginé un étrange animal bleu sur une branche tenant dans son poing un oiseau. L'embrasse-t-il ou s'apprête-t-il à le dévorer ? Le second a peint un non moins impressionnant personnage rose (son fétiche, un clown de carnaval issu de la culture bolivienne) tenant un agneau dans ses bras et une lame de couteau dans une main.

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Ces deux artistes, les plus marquants du projet par leur envergure, sont dans un courant qui s'inscrit dans celui du muralisme, créé par les Sud-américains dans les années 20 et dont le représentant le plus connu est le Mexicain Diego Rivera, compagnon de Frida Kahlo. Pantonio et Inti n'ont pas travaillé à la bombe aérosol, ou très peu, et davantage à l'acrylique :

Legz en revanche, vétéran français du graffiti venu du skate et inventeur du "style spaghetti", travaille quasi exclusivement à la bombe aérosol. Voir cet amateur de lieux à l'abandon travailler ici en extérieur sur une nacelle, est assez rare pour être souligné.

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Grems, rappeur, designer et graffeur est, avec son complice Opera, proche du Graffuturism (contraction de graffiti + futurism). Leur travail est très géométrique, très construit. Ils utilisent des outils – cache et scotch – pour obtenir des angles droits parfaits. Juan est un perfectionnisme limite de l’obsessionnel, issu de 25 ans de graff.

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.
L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Surfil et Treize Bis, deux artistes femmes, font du collage, coloré pour l'une hérité de la tradition Dada, onirique pour l'autre.
Treiz
e bis © Nicolas Gzeley

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Niark et ses créatures fantastiques © Nicolas Gzeley

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Gilbert propose un dessin coloré inspiré du vaudou togolais, "naïf dans le rendu", et réalisé avec diverses techniques, dont la peinture et la craie. Les clins d'oeil des deités naïves de Gilbert sont au balcon © Alain Smilo

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Le collectif 9e CONCEPT (Ned, Carricondo Stephane et Jerk) en mode anatomique, de circonstance © Nicolas Gzeley

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

Quant au Nantais The Blind, il développe un art autour du braille, un "graffiti pour aveugles" tout en volume (des demi-sphères de plâtre géantes collées aux murs) qui fait appel au toucher et "se regarde avec les mains". En bleu et noir, la dentelle calligraphique de Soemone © Alain Smilo

L'ancien hôpital de Lagny-sur-Marne, nouveau terrain de jeu des street-artists.

C'est précisément là l'objectif de l’organisation. Montrer la diversité des techniques et des démarches, donner à voir tous les horizons esthétiques et la vitalité de l’art urbain avec pour leitmotiv la démocratisation de l'art qui a vocation à être vu par tous.

We Art Urban,

Site Saint-Jean, avenue du Général Leclerc à Lagny (25 mn de Paris depuis la gare de l'Est).
Tél :: 01 60 35 46 72

Entrée libre.

Photos © Al
ain Smilo et © Nicolas Gzeley pour CultureBox.

Par ici le lien vers le site :

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