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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

"La Chrysler rose" et son chauffeur.

Publié le 1 Mars 2015 par DB-RB

© DB-RB
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Considéré comme "culte" par les amateurs de rock post-68, "Obsolete", un disque réalisé en collaboration avec les musiciens de Gong et la participation de William S. Burroughs, restera pour son morceau "Chrysler rose". Et Dashiel Hedayat relègue Jacques Dutronc au rang d’un conducteur de 2CV…

Dashiell Hedayat est un auteur et musicien qui a commencé par faire deux disques, un en 1969. "La devanture des ivresses", sous le pseudonyme de Melmoth, récompensé par le grand prix de l'académie Charles-Cros en 1969, et "Obsolete" sorti en 1971, mais dont la présence importante de Gong aux côtés du chanteur permet de classer cet album dans la discographie de Gong, un groupe de space rock, rock progressif et free-jazz fondé par l'Australien Daevid Allen, guitariste de Soft Machine à la suite d'un exil forcé en France à partir de 1967.

"Obsolete" a été enregistré avec les musiciens de Gong en même temps que l'album "Camembert électrique" de ces derniers, au château d'Hérouville. Sa première diffusion a été plutôt confidentielle, mais il reste un album culte du rock progressif, surtout grâce au morceau "Chrysler rose", première chanson de l'album mais aussi la plus rock. Selon l'édition française du magazine Rolling Stone, cet album est le 81ème meilleur album de rock français.

Il est également inclus dans l'ouvrage Philippe Manœuvre présente : Rock français, de Johnny à BB Brunes, 123 albums essentiels :

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/12/09/rock-francais-presente-par-philippe-manoeuvre-et-les-annees-mlle-age-tendre-de-genevieve-lafosse-dauvergne_1451115_3260.html

L'album a été réédité en CD en 1992 et en 2008.

La guitare de David Allen ouvre le morceau, suivie par un gros roulement de batterie. Dashiell Hedayat pose sa voix ironique et légère sur du rock , mais dès le deuxième couplet, le saxo de Didier Malherbe entre en scène et fait glisser le titre vers un rock psychédélique à tendance jazz-rock. Le texte est drôle et poétique : “Il pousse de la mousse / Et des glycines mauves sur le volant / D’un doigt malhabile dans la poussière sur la portière / Les enfants ont écrit que Dashiell est un con“. Et le refrain qui revient : “ J’ai une Chrysler tout au fond de la cour, elle ne peut plus rouler, mais c’est là que je fais l’amour“. On est en plein dans le “sexe, drogue et rock’n roll” de l’époque, le tout avec le sourire et les couronnes de fleurs. On se fout de tout puisque de toutes façons, on est défoncé ! La vie est un cirque et la petite musique de fête foraine, à la fin, nous le rappelle. Dashiell Hedayat ne fera plus de musique. Il s’agissait en fait d’une rencontre fortuite dont on parle encore quarante ans après.

Écrivain prolifique, Jack-Alain Léger, de son vrai nom Daniel Théron, est notamment l’auteur de Monsignore (Laffont), énorme succès de 1976 vendu à 350 000 exemplaires en France et qui devint un film hollywoodien. Il avait également traduit des oeuvres de Bob Dylan (Tarantula), J.R.R.Tolkien (Les aventures de Tom Bombaldi) et Léonard Cohen (L’Énergie des esclaves) .

Sous son nom et sous tant d’autres, il a composé une œuvre qui couvre tout le spectre de la littérature, du roman d’aventure au livre de recherche, en passant par la fresque, la saga, l’introspection analytique, le pamphlet et l’essai.

À l’âge de 20 ans, il publie sous le nom de Melmoth son premier livre, Being (Christian Bourgois). Parmi ses nombreuses œuvres figurent également Mon premier amour (Grasset), également porté à l’écran, Jacob Jacobi (Julliard), Wanderweg (Gallimard), Vivre me tue (Balland), Le Siècle des ténèbres (Denoël), Les Aurochs & les Anges (Rivages), Ali le magnifique (Denoel), Tartuffe fait ramadan (Denoël)... Par ici un article sur le personnage, cerné par la plume de Christophe Conte dans Les Inrokuptibles :

http://www.lesinrocks.com/2013/07/18/musique/jack-alain-leger-dashiell-hedayat-1947-2013-11410142/

Mais le personnage, jonglant avec les pseudos, s'est illustré par de fracassantes positions. En 2003, dans son livre "Tartuffe fait ramadan", Jack-Alain Léger se déclare "islamophobe". Il écrit notamment que distinguer islam et islamisme s'apparente à "une frivolité, un caprice d'intellectuel occidental" :

http://www.hebdo.ch/les_habits_neufs_du_fondamentalisme_16918_.html

Paul Smaïl, alias Melmoth, alias Dashiell Hedayat, alias Jack-Alain Léger, de son vrai nom Daniel Théron, s'est donné la mort, il y a deux ans, en 2013. Il avait 66 ans :


http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/07/17/mort-de-l-ecrivain-jack-alain-leger_3449194_3382.html

La cultissime "Chrysler rose " de Dashiell Hadayat.

"La Chrysler rose" et son chauffeur.

Amateur de Dylan (dont il traduira l’unique roman, Tarentula), Dashiell Hedayat fait exploser le langage rock français en lui donnant une dimension "beat, sexe, drogue et rock’n roll”, qu’il défend sur le plateau de Denise Glaser.

©  Le Monde

© Le Monde

© http://www.metronews.fr/culture/suicide-de-l-ecrivain-jack-alain-leger-a-l-age-de-66-ans/mmgr!ghG8GFlVZeIY/

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