Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

POST-PUNK 1978-85 de Pierre Mikaïloff & Pierre Terrasson

Publié le 27 Février 2015 par RBV-DB

POST-PUNK 1978-85 de Pierre Mikaïloff & Pierre Terrasson

En janvier 1978, les Sex Pistols se séparent après une tournée mouvementée aux Etats-Unis et un concert désastreux au Winterland de San Francisco. Le chanteur, Johnny Rotten, quitte le groupe, annonçant ainsi sa dissolution. À la basse du groupe depuis 1977, Sid Vicious meurt quelques mois plus tard d'une overdose à New York. Débute une période excessivement créative, appelée - faute de mieux - post-punk. Johnny Rotten, réinventé en Lydon, son véritable nom, a ouvert les hostilités à la tête de Public Image Ltd et a ainsi posé les bases de cette ère post-punk tandis que les héros de la première heure Clash, Ramones, Damned sont soudain frappés désuétude.
Puis, au début des années 1980, de nouvelles tribus urbaines détournent la culture club. Certains se montrant moins réfractaires au succès, comme Depeche Mode ou U2, délaissent sans regret les arrière-salles de pubs pour les stades. À Londres, The Batcave devient le repère des oiseaux de nuit, sous le regard bleu délavé, rehaussé de rimmel de Boy George. À côté de ces jeunes gens poudrés, pomponnés et raffinés, se développe un courant plus sombre. Ses protagonistes torturés ont pour nom Killing Joke, Virgin Prunes ou Alien Sex Fiend, des aventuriers sonores qui repoussent toujours plus loin le seuil de la douleur et dont le but n’est pas d’intégrer le Top 50. La musique explose en chapelles : Pop, Rock, Punk, Indus Reggae, Disco, Ska, Funk, Soul sans oublier World, Jazz et Electro.

Et la scène française ? Des formations comme Asphalt Jungle, Bijou, Starshooter, Métal Urbain, Stinky Toys, Bulldozer et les Olivensteins furent les premiers groupes populaires de punk francophone. Ils s'inspiraient directement de la vague punk anglaise qui défraye la chronique. Dans leur sillage et celui du rock alternatif, on peut citer la Mano Negra, Parabellum, Gogol Premier, Les Portes Mentaux, les Négresses Vertes, Les Wampas et Ludwig von 88 dans un registre plus fun, Wunderbach et, dans un registre plus Psycho, Washington Dead Cats.
Parmi les groupes à la limite du Punk et du Rock de cette époque, il faut également citer : Oberkampf qui ont variés de la New Wave au Punk, OTH de Montpellier(qui donneront plus tard les Naufragés), une autre légende du Rock français Les Sheriff et leur fraicheur du Sud, Les Rats avec leur Rock banlieusard, Les Cadavres et leur côté un peu élitiste.
Voilà pour la carte postale, la première couche la plus visible du Punk français des années 1980. Mais la France aussi connait sa révolution post-punk, avec Elli et Jacno, Indochine, Rita Mitsouko, Etienne Daho et Taxi Girl, tenants d'une pop "qualité France" qui fait école. Tandis qu’au rayon "boucherie", à l’instar de Gogol Premier et de La Souris Déglinguée (LSD) nés sur le pavé parisien et sa banlieue, les Béruriers Noir et les Garçons Bouchers font tomber les murs qui séparaient jusqu’ici les squats des charts, d’autres barrières tombent. Que dis-je, des barricades. Celles jadis farouchement dressées entre les tribus urbaines.. Les ex-punks français se diluent aussi et se mélangent aux clubbers. Mais pas tous ! Certains irréductibles battent encore le pavé.
Dès le milieu des années 1990 c'est l'arrivée en France des groupes de punk hardcore, Tagada Jones fait partie d'une des premières formations à jouer un punk-rock énervé et engagé, de même que Les Sales Majestés. Une nouvelle vague voit aussi le jour, influencée musicalement par la scène punk de Californie comme Burning Heads ou Seven Hate. Ils seront suivis par Dead End, Paris Violence, Les Vieilles Salopes, Uncommonmenfrommars, Zabriskie Point (groupe de François Bégaudeau) ou encore Guerilla Poubelle. D'autres ont des influences punk et crust comme Pourriture avec Fjord de Dissiped. Plus mélodiques et inventifs, Les Salauds De Pauvres mélangent le Punk de 1977 et l'influence de groupes d'émocore comme Fugazi.

Après la déflagration PUNK (1975-1977), et malgré les ravages dus à cet ardent retour à un rock speedé, hurlé, déchiré et bastonné, le livre de Pierre Mikailoff émaillé des photos de Pierre Terrasson, passe en revue le désordre de la génération suivante, accusée d’être inféodé à MTV.

Ex-guitariste des Désaxés et de Jacno, journaliste, conférencier, écrivain Pierre Mikaïloff n’est pas à son coup d’essai. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels des nouvelles, de la poésie, un roman noir, deux fictions musicales, un essai sur la culture punk, Le Dictionnaire des années 80 aux éditions Larousse et plusieurs biographies de référence, dont celle d’Alain Bashung, de Noir Désir, de Françoise Hardy, de Jane Birkin et de Daniel Darc.
Pierre Terrasson, lui, est photographe de la scène rock. Depuis les années 80 il suit, sur scène et backstage, des artistes comme Bashung, Santana, Lou Reed, The Cure et expose régulièrement. Ses clichés illustrent plusieurs livres, dont : Gainsbourg/Gainsbarre (Premium) et Les 7 vies d’Indochine (Didier Carpentier). Pierre Mikailoff a déjà écrit de nombreux essais et livres sur tous les sujets musicaux en procédant chapitres genre : les punks, les new wave, les neo romantiques, les français, les gothiques, et en prenant chaque genre à ses vrais débuts.
Et dans leur dernier ouvrage commun, les deux compères ont assimilé, digéré les avalanches de créations passionnées, les personnalités fortes et les tentatives gonflées, radicales, conceptuelles contestataires ou commerciales de cette période foisonnante ou le Rock donnait le ton général à la mode, aux magazines et au monde. Tous ces artistes croyaient à leur style, au caractère sacré des concerts et de leur image, elle-même trempée dans le jus de tout ce qu’ils avaient aimé, en musique mais aussi en Littérature, Cinéma, Art ou allure qui en font encore leurs modèles et leur profit, 35 ans après.

Ces années 80 furent variées, éclectiques, elles ont ouvert un large domaine d’expressions, de styles et sont encore loin d’être bien connues ou répertoriées. Il faudra encore des redites et des écoutes pour profiter pleinement des perles de cette tornade. Et cet ouvrage est autant un repère qu’un véritable insufflateur.

POST-PUNK 1978-85 de Pierre Mikaïloff & Pierre Terrasson aux Éditions Didier Carpentier / Sortie en librairie le 5 mars 2015 /29 €

POST-PUNK 1978-85 de Pierre Mikaïloff & Pierre Terrasson
POST-PUNK 1978-85 de Pierre Mikaïloff & Pierre Terrasson
Commenter cet article