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ZiK et ZinC

La culture alternative est un vivier d’expressions en marge.

D.B. le caméléon !

Publié le 26 Février 2015 par RBV-DB

 © Duffy Archive & David Bowie Archives.

© Duffy Archive & David Bowie Archives.

Au long de plus de quatre décennies d'une carrière marquée par des changements fréquents de style et une réinvention permanente de son personnage et de ses approches musicales, David Bowie s'est imposé comme un des artistes musicaux les plus originaux, et les plus novateurs de la musique pop et rock. Il a écoulé plus de 140 millions d'albums dans le monde, et se prépare à débarquer à Paris dès le 3 mars 2015 avec deux expos à l'affiche. L'une "David Bowie Is" à La Philarmonie et l'autre ‘’Bowie by Duffy, five photo session 1972-1980’’ du 12 mars au 7 avril 2015 à la Galerie Glénat.

Conçue à Londres et après Berlin où l'exposition a connu un succès retentissant "David Bowie Is" sillonne désormais le monde et fait escale à Paris du 3 mars au 31 mai à La Philarmonie. Plus de 300 objets y sont rassemblés pour la première fois : des textes de chansons manuscrits, des costumes originaux, des photos, des clips et des instruments de musique de l'artiste. Par ici la billetterie pour des places à 12 € sachant qu’un audioguide vous est fourni gratuitement :

http://davidbowieis.philharmoniedeparis.fr/fr/billetterie

Et ce n'est pas tout ! Parmi les surprises, un 45 tours en vinyle bleu en édition limitée, comprenant une version en français de sa chanson "Heroes" mais aussi une visite filmée de l’exposition du Victoria & Albert Museum (V&A) de Londres qui sera projetée en exclusivité au cinéma lors de deux séances uniques, jeudi 12 mars à 20h et lundi 1er Juin à 20h :

http://www.pathelive.com/fr/sp/evenements/david-bowie-is

Le film est réalisé par Hamish Hamilton, auteur de nombreux films d’événements musicaux comme les concerts d­­e U2, Madonna, Beyoncé, The Rolling Stones, etc. ou encore les Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques de Londres en 2012.

A taille plus humaine, l'exposition à la galerie Glénat, dont l'entrée est gratuite, est elle consacré du 12 mars au 7 avril 2015, au look de celui qu'on appelle le caméléon. Bowie qui vient d’être élu le Britannique le mieux habillé de l’Histoire a en effet influencé le monde de la mode. Cette exposition a lieu à l’occasion de la parution du livre « Bowie par Duffy » de Kevin Cann et Chris Duffy aux éditions Glénat. La galerie met en vente des tirages photos issus des cinq cessions photo réalisées avec Bowie: tirages Fuji Baryte numérotés très limités, grands formats, certains signés par Brian Duffy ou David Bowie. Cinq séances mythiques entre le célèbre photographe de mode, connu pour s'être illustré à l'époque du Swinging London, et la rockstar britannique. "Le Caméléon" s'y transforme et donne naissance à des personnages iconiques : Aladdin Sane, Thin White Duke, Ziggy Stardust, Scary Monster... La rétrospective mettra en lumière la collaboration intime entre les deux hommes et pénètrera dans les coulisses des prises de vue. Une collaboration ayant notamment donné naissance à la pochette de l'album Aladdin Sane (1973), entrée dans l'histoire sous le nom de « Mona Lisa of Pop ».

Chris Duffy le fils du photographe Brian Duffy, revient sur le making-of de cette séance devenue culte, et les origines de l'éclair qui zèbre le visage du “Caméléon”.

Par ici, un extrait du livre, dans les coulisses d'une séance photo légendaire, racontée par Chris Duffy, le fils du photographe Brian Duffy :

« L’histoire d’Aladdin Sane telle que me l’a toujours racontée Duffy est la suivante. Un jour, lors d’une réunion aux Trident Studios, il a demandé à David quel titre il avait l’intention de donner à son album. David a répondu : « A lad insane » (« un gars aliéné »). Duffy a compris « Aladdin Sane », je devine que la vision du génie, Aladin et la lampe merveilleuse ont dû lui apparaître.

En fait, si vous regardez la typographie de la pochette de l’album, il y a une flamme au-dessus de la lettre « i » comme si elle venait de la lampe d’Aladin. De source sûre, Elvis Presley avait aiguisé la curiosité de David. Elvis qui était devenu littéralement fou de la musique gospel, au point d’avoir formé une société secrète, The Templar’s of The Christian Brotherhood, qui combattait le racisme et l’antisémitisme. Elvis avait abrégé le nom en un sigle, TCB – Taking Care of Business (dans un éclair), et en avait fait sa devise. Il avait utilisé le symbole de l’éclair avec les lettres TCB, il s’en était servi pour lui-même, notamment comme logo sur la queue de son jet privé, sur une bague, un pendentif pour son service de sécurité – la même empreinte sur tous ces éléments. Depuis le début, David avait toujours eu cette idée de l’éclair. Je pense que si le travail de David et celui de Duffy ont parfaitement fonctionné ensemble, c’est parce que David savait pertinemment qu’il pouvait proposer un concept aussi abstrait à Duffy, que Duffy revisiterait l’idée de l’éclair et qu’il reviendrait avec quelque chose de génial. Ce fut leur alchimie, c’est pourquoi il a choisi Duffy, c’est comme ça que les choses se sont faites. L’éclair a été l’élément de base du projet et Duffy savait qu’il devait faire partie intégrante du concept de l’album. « Comment ? »: telle était la question.

" L’eau sur sa clavicule, un élément étrange et surréaliste"

Le jour de la séance, Duffy a pris dans la cuisine un cuiseur pour le riz que sa mère lui avait offert, un National Panasonic avec un petit logo, un éclair rouge et bleu. Ce cuiseur était toujours là quand j’ai commencé à travailler au studio, mais on ne l’a jamais utilisé, à tout bien considérer ce doit être celui que j’ai jeté durant un grand rangement. Quoi qu’il en soit, Duffy l’a montré à David et lui a demandé : « Est-ce bien de ce genre de choses que nous parlons ? » D’après ce que j’ai compris, David a confirmé que c’étaient les couleurs parfaites, à la suite de quoi la séance a débuté. Duffy a dirigé Pierre pour qu’il dessine un éclair sur le visage de David, comme il avait été dit. Mais, après avoir vu qu’il avait seulement peint un petit motif sur une joue de David, il lui a demandé de l’enlever. Puis il a pris un tube de rouge à lèvres dans la trousse à maquillage de Pierre et il a grossièrement dessiné les contours d’un éclair nettement plus vif sur le visage et a dit : « Comme ça. » Le vrai coup de génie, pour moi, a été d’ajouter ce symbole de l’eau sur sa clavicule. L’éclair est venu de David, mais c’est vraiment Duffy qui a mis ce cachet sur la photographie. Sans ce symbole, la photo est déjà en elle-même originale, mais avec celui-ci l’effet visuel atteint un autre niveau – c’est une sorte de couronnement. Cette composition ajoute un élément étrange, surréaliste, l’eau représentant l’émotion alors que la forme phallique de ce symbole est évidemment très sexuel».


Chris Duffy, Bowie par Duffy, Ed. Glénat.

http://www.telerama.fr/sortir/david-bowie-la-pochette-d-aladdin-sane-racontee-par-chris-duffy,123229.php

"J'ai toujours été étonné de regarder quelqu'un dans l'objectif d'un appareil photo : d'un seul coup il change"

Brian Duffy

Notes manuscrites de Duffy après avoir assisté au dernier concert de Ziggy Stardust à l’Hammersmith Odeon. © Duffy Archive

Notes manuscrites de Duffy après avoir assisté au dernier concert de Ziggy Stardust à l’Hammersmith Odeon. © Duffy Archive

"David Bowie Is"
Du 12 mars au 7 avril
Philharmonie de Paris
221, avenue Jean-Jaurès

75019 Paris
​01 44 84 44 84
contact@philharmoniedeparis.fr
Ouvert mardi 12h-18h, mercredi et jeudi : 12h-20h, vendredi et samedi : 10h-22h et dimanche : 10h-20h et durant les vacances scolaires de printemps (du 21 avril au 3 mai) : 10h-20h.


Les activités de la Philharmonie de Paris se déploient dans le nouveau bâtiment conçu par Jean Nouvel, dénommé Philharmonie 1, et dans celui qui abrite depuis vingt ans la Cité de la musique, renommé Philharmonie 2.

‘’Bowie by Duffy, five photo session 1972-1980’’
Du 12 mars au 7 avril 2015
Galerie Glénat
22, rue de Picardie 75003 Paris
Tél : 01 42 71 46 86
Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures.

Après la réédition en septembre 2014 de Sound + Vision, quatre CD qui couvrent la période 1969-1994, les fans de David Bowie ont découvert Nothing Has Changed, présenté comme l’« anthologie définitive des enregistrements de David Bowie réalisés entre 1964 et 2014 ».

C’est dans ce coffret que l’inédit, Sue (or In A Season of Crime), a été dévoilé, un long titre de sept minutes et vingt secondes, sorti en 45 tours, format 25 cm, avec une face B en édition limitée, Tis a Pity, She is a Whore.


Produit par David Bowie et Tony Visconti, Sue (or In A Season of Crime), a été enregistré l’été dernier à New York avec le Maria Schneider Orchestra, un big band fondé en 1994, titulaire de trois Grammy Awards. David Bowie en signe les paroles et partage la composition musicale avec Maria Schneider.

 

Cette dernière a également arrangé la chanson dans un style très composite – on y entendra des échos de Björk, de Scott Walker, de Robert Wyatt, de jazz dissonant, mais surtout une mélodie très connue des amateurs de musique brésilienne : celle de Cais, thème que le chanteur Milton Nascimento a composé avec Ronaldo Bastos en 1972, et extrait de l’album culte, Clube da Esquina.
 

Selon Le Monde, l’écoute de Sue (or In A Season of Crime) rappellerait le succès de Cais (repris par de très nombreux artistes) de Milton Nascimento – y compris dans sa mélodie linéaire, sans couplet ni refrain, et dans sa montée en puissance rythmique. Avec ses paroles noires et mortifères, à références littéraires, Sue (or In A Season of Crime) se démarque de la philosophie originelle de Cais, un appel au rêve et à l’invention de la mer et des quais qui retiennent les navires.
 

Ainsi, « Sue, I got the job/ We'll buy the house/You'll need to rest », se cale-t-il sur le « Invento o mar/ Invento em mim o sonhador » (« j’invente la mer, j’invente en moi le rêveur »), de Milton Nascimento, le chanteur brésilien à la voix haute. Plagiat ? Vous avez dit plagiat ?

A la suite de la comparaison effectuée par Le Monde dans un article intitulé « David Bowie prend un air de Milton Nascimento », entre le classique Cais du Brésilien Milton Nascimento (1972) et le nouveau single de David Bowie Sue (or In A Season of Crime) de David Bowie, le journal Estado de Sao Paulo révèle que la musicienne de jazz Maria Schneider, qui a composé la chanson avec Bowie, s’est adressée par e-mail à Milton Nascimento (paroles) et à Ronaldo Bastos (musique) qui en serait flatté :

http://www.lemonde.fr/musiques/article/2014/10/17/milton-nascimento-flatte-par-la-chanson-sue-de-david-bowie_4508250_1654986.html#bXt2uvFI04HSEC2H.99  

Elle nierait, « élégamment », selon Ronaldo Bastos, toute référence explicite à Cais, une chanson qu’elle dit cependant aimer :

http://cultura.estadao.com.br/noticias/musica,autores-de-cais-descartam-plagio-em-nova-musica-de-bowie,1577903
 

Et voici Cais de Milton Nascimento. A vous de juger !

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